L'ARMÉE ROUMAINE EN CAMPAGNE.--Départ du régiment de
cavalerie de Ramnieu-Valcea: le service religieux.
--Phot Iorgu Arsenie.
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LA CONFÉRENCE DE BUCAREST.-Une réunion plénière des délégués des États balkaniques: on reconnaît, à la droite du premier ministre roumain M. Majoresco (2), le premier délégué bulgare M. Tontchef (1), et à sa gauche M. Venizelos (3); M. Pachitch est en face
--Phot. Franz Manty.
A chaque étape, cependant, de l'avance roumaine, le roi Ferdinand adressait au roi Carol de pressants télégrammes pour solliciter non seulement l'arrêt et le retrait de ses troupes, mais encore l'intervention de la Roumanie pour mettre fin à la guerre en Macédoine. Et ce fut, effectivement, sur l'initiative du gouvernement roumain qui, par ses forces intactes, devenait l'arbitre tout-puissant de la situation que les délégués de la Serbie, de la Grèce, du Monténégro et de la Bulgarie se réunirent à la conférence de Bucarest et qu'un premier armistice de cinq jours fut consenti par les alliés à leur adversaire.
Les demandes roumaines étaient connues et acceptées d'avance. La Bulgarie ne fit point, cette fois, de difficultés de principe pour céder le territoire Turtukaï-Baltchik, sacrifice très dur cependant si l'on songe à la richesse de cette province agricole, le grenier du royaume, et dont les 250.000 habitants sont instruits et vivent tous dans une prospérité relative.
Les exigences des alliés basées sur les droits de la victoire et sur la nécessité de rétablir l'équilibre des forces, par l'égalité des populations dans les Balkans, rencontrèrent plus de résistance. Soutenues par MM. Venizelos pour la Grèce et Pachitch pour la Serbie, elles furent combattues par M. Tontchef, représentant la Bulgarie. On fut même tout près de ne plus s'entendre du tout et il fallut que la Roumanie jetât une fois de plus son épée dans la discussion et menaçât d'entrer à Sofia si l'on recommençait à se battre pour que la Bulgarie se résignât aux suprêmes concessions.
Nos lecteurs trouveront, sommairement tracées sur la carte ci-contre, les frontières nouvelles arrêtées, le 7 août, à Bucarest.
La frontière serbo-bulgare part du nord des sommets qui partagent les eaux du Vardar de celles de la Strouma et qui sont très proches du cours de cette dernière. Les villes de Kotchana et d'Istip, la vallée de la Bregalnitza restent serbes. La frontière ensuite va vers l'ouest, contourne Stroumitza qui reste aux Bulgares et vient rejoindre les collines de la Bela-Planina qui deviennent frontière commune entre la Serbie et la Bulgarie et celle-ci et la Grèce. De là, la frontière bulgare va vers l'est jusqu'au Kara Sou qu'elle descend jusqu'à l'archipel en laissant, à l'ouest, Cavalla à la Grèce.
Depuis plusieurs jours déjà la Grèce et la Serbie s'étaient entendues sur l'attribution de Guevgheli qui reste en territoire serbe.