Concerts et auditions.--Le 8 novembre, à l'Institut, audition de la cantate de Mlle Lili Boulanger, premier grand prix de Rome de musique.--Le 11 novembre, à 8 h. 45 du soir, salle des concerts du Conservatoire, première audition du Salon des musiciens français.

Fête.--Le 8 novembre, à la Sorbonne, à 8 heures du soir, fête de l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques.

Sports.--Courses de chevaux: le 8 novembre, Saint-Cloud; le 9, Auteuil; le 10, Saint-Cloud; le 11, Saint-Ouen; le 12, Maisons-Laffitte; le 13, Auteuil (prix de Vincennes); le 14, Saint-Cloud; le 15, Vincennes.--Boxe: le 15 novembre, à Luna-Park, match Jeff-Smith-Bernard.

LES THÉÂTRES

La presse quotidienne, rendant compte de la représentation de l'Occident, de M. Henry Kistemaeckers à la Renaissance, en a vanté surtout la haute et salutaire inspiration animant des scènes mouvementées, chatoyantes, toujours intéressantes et parfois émouvantes. On y a vu un conflit entre l'Orient et l'Occident; on y peut voir encore, et surtout, un conflit entre la passion et le devoir; et la scène que représente notre première page montrant l'enseigne Merronay bouleversé entre les supplications de son amour et les exhortations à la discipline, exprime bien la portée, dégage la morale de cette oeuvre, si chaleureusement applaudie avec ses interprètes, au premier rang desquels M. Tarride et Mme Suzanne Després.

LES LIVRES & LES ÉCRIVAINS

SAINT AUGUSTIN

Il y a toujours un livre qu'un écrivain rêve d'écrire en sa vie, un livre qui sera vraiment pour lui le Livre, et qui est conçu par le coeur avant de germer dans le cerveau. L'«oeuvre» d'ailleurs ne se crée que peu à peu. Elle s'épanouit lentement, avec mille hésitations, page par page. L'écrivain lui a consacré les instants les plus intimes, les plus secrets, les plus précieux de sa pensée. Il a vécu avec elle, en elle, ces heures de passion, d'extase, de délire, que l'on ne donne qu'à l'amour. Entre les besognes quotidiennes, entre les autres travaux de son art, il est revenu en amant, en croyant, avec une fidélité de mystique, au manuscrit informe, sabré de ratures, rapiécé de notes, où il s'absorbe comme dans une prière ou une vision et qui, après des années et des années seulement, sera livré aux profanes. Une oeuvre de cette nature exceptionnelle est née d'hier. C'est le Saint Augustin[1] de M. Louis Bertrand.

Note 1: Saint Augustin, Fayard éditeur, 3 fr. 30.

M. Louis Bertrand nous a donné de beaux livres. Nous lui devons le Sang des races, la Cina, L'Invasion. Il a charmé notre imagination par les poèmes de lumière blanche que sont ses récits de voyage, et intrigué notre esprit par ses réquisitoires, d'une éloquence imprévue, contre le classicisme. Mais le Livre de M. Louis Bertrand est son Saint Augustin.