Il y a quelques mois, notre confrère le Matin entretenait ses lecteurs d'un nouveau système de portage aux colonies. Il s'agissait de pousse-pousse monoroue conduits par deux hommes qui en maintenaient en même temps l'équilibre. Et il était question également d'un truc indéversable à une seule roue, à traction humaine, pouvant porter les bagages des coloniaux en tournée.
Mais voici que, dans le même ordre d'idées, un nouvel appareil réalise un progrès encore sur les systèmes précédents. La photographie que nous reproduisons représente un véhicule à une seule roue et son mode d'attelage, avec un harnais spécial, qui peut servir à tous les animaux tracteurs, cheval, mulet, bouf porteur ou âne. La «broussette» ou voiture de brousse--imaginée par M. G. Brousseau, administrateur de lre classe à Madagascar--peut porter jusqu'à 1.000 kilos. Elle se compose, comme on peut le voir, de caissons en tôle situés au-dessous de l'axe de la roue et de brancards plats et rigides, d'une forme spéciale, s'appuyant sur un bât de 0 m. 90 de largeur. Ce dispositif permet d'équilibrer la charge comme dans un bateau.
Pour les transports aux colonies: la broussette,
voiture de brousse, à une roue, imaginée par M. Brousseau.
Conduit par deux hommes et un boeuf, ce nouvel appareil de portage peut faire le travail de 40 porteurs. Les caissons en tôle étant étanches, il peut traverser les rivières par ses propres moyens, avec une certaine charge. On voit les avantages, et surtout l'économie énorme qu'est susceptible de réaliser son emploi dans les régions de nos colonies où n'existent encore que des sentiers muletiers. Ajoutons que l'inventeur n'entend tirer aucun profit personnel des garanties que lui assurent ses brevets et qu'il est surtout soucieux de mettre à la disposition de l'administration coloniale, des colons et des indigènes, un appareil de transport appelé à rendre les plus appréciables services.
A propos du centenaire de Leipzig.
En opposant, dans notre numéro du 18 octobre dernier, l'Arc de triomphe, tout imprégné de génie latin, et le monument de Leipzig, chef-d'oeuvre de la «manière germanique», nous avons rappelé quelle fut cette bataille des Nations, «où 350.000 alliés--Autrichiens, Russes, Suédois, Anglais, Prussiens--vinrent à bout, après une lutte de quatre jours, de 157.000 Français». Il eût été juste de préciser--et c'est un de nos lecteurs de Pologne qui nous en fait la remarque--que dans nos rangs combattaient environ 1.400 Polonais, sous le commandement du prince Joseph Poniatowski. Nommé, pour son héroïsme, maréchal de France au début de l'action, il devait succomber dans la malheureuse retraite: après avoir vaillamment contenu les colonnes ennemies sur les bords de l'Elster, blessé à deux reprises et ne voulant pas se rendre, il se précipita, à cheval, dans le fleuve où il se noya. «Toute la Pologne, nous écrivait à la fin du mois dernier notre correspondant, commémore en ce moment la mort de son héros.»
Un vapeur de 6.000 tonneaux, ensablé depuis sept ans, à
30 mètres du rivage, sur une côte déserte du Guatemala.
--Phot. Hauff.