L'idée de donner à nos troupiers des hamacs au lieu de lits a valu à L'Illustration des communications et des observations intéressantes.

Je voudrais à ce sujet citer l'opinion d'un officier qui apporte à l'appui de notre thèse un argument des plus sérieux.

On sait, dit cet officier, comment sont logés nos soldats dans les forts en temps de paix et en temps de guerre.

En temps de paix beaucoup couchent dans des casemates assez obscures, humides, munies de couchettes à deux étages.

L'aération est presque nulle et la literie est plongée dans une humidité perpétuelle contre laquelle on ne peut presque rien, étant donné la difficulté de la sortir tous les jours. Bien, au contraire, ne serait plus simple avec le hamac.

En temps de guerre ce serait pire encore.

Beaucoup de nos forts comportent un casernement de guerre souterrain, composé d'un bloc de béton armé, dans lequel sont disposées des chambres de 56 hommes. Ces chambres reçoivent l'air et la lumière d'un couloir aboutissant au fossé du fort.

Elles renferment des lits de camp sur lesquels on placerait paillasses et matelas. Un espace libre très restreint, laissé au milieu de la chambre, est le seul endroit où 56 hommes pourraient dérouiller leurs muscles pendant un siège qui peut durer des mois et des mois!

Si on substituait à ces lits de camp des hamacs, qui chaque matin seraient roulés et entassés dans un coin de la chambre, on aurait une vaste salle, tout à fait dégagée, où les hommes pourraient courir en rond, jouer et lutter contre le froid et l'ennui.

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