L'inventeur de la similigravure.

C'est une erreur fort répandue que la photogravure typographique ou similigravure, souvent appelée «simili américaine», a débuté aux États-Unis. L'invention est française, et la chambre noire qui servit en 1885 à M. Edouard Cannevel pour obtenir le premier cliché photographique à points inégaux permettant de réaliser la photogravure typographique vient d'entrer au Conservatoire des arts et métiers.

Le principe de l'appareil réside dans l'interposition d'une trame quadrillée transparente entre l'objectif et la plaque sensible. Il est aujourd'hui le seul appliqué dans le monde entier, et son oeuvre vulgarisatrice est immense.

M. Edouard Cannevel disposait de faibles ressources; il fit ses recherches avec un appareil de fortune, et il fabriquait lui-même ses trames en photographiant des rayures imprimées sur indienne. Les résultats furent excellents. Mais l'invention venait trop tôt. Il n'y avait alors ni papier, ni encre, ni machines pour imprimer des reliefs si peu appréciables. Le papier couché n'était pas né, et nos papiers à journaux actuels sont des papiers de luxe à côté de ceux de l'époque.

D'autre part, personne en France ne réussit à graver une trame sur verre. Plus tard seulement un Américain trouva le moyen d'exécuter ces trames de façon merveilleuse, d'où le nom de similigravure américaine donné à un procédé essentiellement français dont les progrès de l'imprimerie et de l'industrie du papier allaient bientôt assurer la vulgarisation. Le conseil général de la Seine-Inférieure et diverses sociétés savantes votèrent de petites subventions à l'inventeur. Mais M. Cannevel dut abandonner la lutte; et il assiste aujourd'hui au triomphe colossal d'une invention qui est sienne, qui enrichit ou fait vivre des milliers de personnes, et qui ne lui rapporta aucun profit.

De quand date le pain.

Le pain est un mets de très grande antiquité: mais l'homme ne l'a pas toujours connu. Il serait sans doute difficile sinon impossible de dire quand et où se fit le premier pain: mais on sait de source certaine que le pain était déjà connu de l'homme néolithique, et que les habitants des palafittes en particulier en faisaient usage.

Ces populations, occupant des habitations bâties sur pilotis, dont les vestiges sont abondants sur le rivage de plusieurs lacs suisses, étaient agricoles et sédentaires. Elles possédaient déjà des animaux domestiques et des plantes alimentaires, et probablement cultivées, dont certaines pouvaient avoir une origine fort lointaine et être venues de contrées très distantes.

Parmi les plantes, il y avait le blé, qui était déjà connu et apprécié au début de la période néolithique; il y avait même plusieurs blés. L'un d'eux est encore cultivé dans la Gruyère: c'est le blé mottu qui croît aussi spontanément dans le Caucase. En vient-il? Un autre est le froment égyptien, encore cultivé en Suisse sous le nom de nouette de Lausanne. Et il faudrait citer encore l'orge, l'amidonier, le petit épeautre, l'épeautre, le seigle, le millet, etc.

De ces grains, que nous utilisons encore pour faire du pain et des produits similaires, les habitants des palafittes faisaient du pain. On a retrouvé, à de nombreux exemplaires, des meules à broyer le grain, en pierre, en grès, en granit, accompagnées de leurs broyeurs. Ces outils devaient servir à broyer les grains en farine, et la farine à faire du pain. On n'en peut douter: le pain des palafittes est bien connu et authentique.