Voilà une déclaration dont la netteté est suffisante pour fixer l'opinion des juges et, par un heureux ricochet, pour supprimer la fabrication des mousses de foie gras truffées à des doses infinitésimales.

Les coquilles d'huîtres dans la construction.

Sous ce titre, nous avons signalé, dans notre numéro du 22 novembre dernier, l'intéressante tentative d'un architecte de Galveston qui, pour la fabrication du béton nécessaire à la construction d'une maison, avait utilisé des coquilles d'huîtres. Un de nos lecteurs, officier de l'armée coloniale, nous rapporte que le procédé n'est pas nouveau et qu'il a été employé avec succès en Afrique occidentale, notamment à Kayes et à Bamako. «Moi-même, ajoute notre correspondant, sur les indications de mes chefs et de mes prédécesseurs, ai fait à Bobo Dioulasso, centre de la boucle du Niger, de la chaux avec les huîtres de la Volta Noire.» Dans un pays presque privé de calcaires, mais où la plupart des rivières abondent en huîtres énormes et non comestibles, l'idée était heureuse de se servir de leurs écailles pour la préparation de la chaux. C'est à l'ingéniosité de nos officiers coloniaux, à leur esprit de ressource, qu'est due cette intelligente initiative.

Supplément d'informations.

Dans notre numéro du 22 novembre, nous avons montré, par une photographie, la pose de la première pierre du lycée français d'Alexandrie; à l'article que nous avons consacré à ce sujet, il convient d'ajouter que l'architecte du nouvel édifice est M. V. Erlanger, diplômé par le gouvernement français, et que M. Alfred Lang a été chargé de l'exécution des travaux.

Mlle Emmy Destinn, la célèbre cantatrice que, dans le même numéro, nous avons représentée chantant devant un lion, n'est pas Allemande, comme nous l'avions indiqué. Un de nos lecteurs de Prague nous écrit qu'elle est originaire de cette ville, et «qu'elle est toujours restée fidèle à sa nationalité.»

LES THÉÂTRES

Sur la scène où triompha le Petit Café, au Palais-Royal, MM. Tristan Bernard et Alfred Athis viennent de faire jouer, avec le plus brillant succès, une pièce en trois actes, les Deux Canards, qui, tout ensemble comédie psychologique et joyeux vaudeville, participe aux deux genres pour le plus grand contentement des spectateurs. Les «deux canards», ce sont deux petits journaux de province, défendant des opinions contraires, mais également violentes, qui ont le même rédacteur, sous des noms différents. Sur ce sujet, abondant en situations comiques, où les jeux de la politique se mêlent, comme il convient aux jeux de l'amour, MM. Tristan Bernard et Alfred Athis ont exercé leur verve tour à tour spirituelle et bouffonne. Ils ont trouvé dans la troupe du Palais-Royal, avec M. Germain, M. Le Gallo et Mlle Cassive, une interprétation que l'on peut dire parfaite.

Du très beau roman de M. Gustave Guiches, Céleste Prudhomat, M. Émile Trépard, librettiste et compositeur, a tiré un drame lyrique en quatre actes, Céleste, que vient de représenter l'Opéra-Comique.

Donner un commentaire musical à un sujet d'un très moderne réalisme, c'était assurément une singulière difficulté: M. Émile Trépard l'a résolue de façon originale, et sa partition atteste un effort intéressant, souvent heureux. Elle est remarquablement chantée par Mlle Brunlet, sortie cette année du Conservatoire, qui, dans le rôle de Céleste, a brillamment débuté, par Mme Nelly Martyl, MM. Rousselière et Delvoye.