[Note 2: ] [(retour) ] Editions Lucien Lareur, à Paris, et Alexandre Jauvène, à Marseille. 2 vol. 80 fr.
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Les grandes expéditions scientifiques donnent leurs sujets, en cette fin 1913, à deux belles éditions Hachette. C'est d'abord l'émouvant journal de route de l'hérc que capitaine Scott: le Pôle meurtrier [3].
Il y a quelques mois à peine le télégraphe apportait en Europe la fatale nouvelle du désastre de l'expédition anglaise au Pôle Sud. Le capitaine Scott, commandant l'expédition, et les quatre compagnons qui l'avaient suivi au Pôle avaient trouvé la mort pendant leur voyage de retour. Le testament admirable de grandeur d'âme et de simplicité écrit par le chef de l'expédition, au seuil même de la mort, publié en même temps que l'annonce de la catastrophe, donnait les raisons de cet insuccès et laissait deviner les angoisses et les luttes qu'eurent à supporter les explorateurs.
Ce que furent ces luttes et ces angoisses, les carnets de notes trouvés sur le cadavre de Scott nous les ont fait connaître.
La Carrière d'un navigateur [4], c'est la carrière maritime et scientifique de l'auteur même de l'ouvrage, S. A. S. le prince Albert Ier de Monaco. Le récit des diverses croisières accomplies par le prince savant, toujours en quête de découvertes scientifiques, présente un intérêt intense. Qu'il s'agisse de la chasse aux grands cétacés, de la recherche des infiniment petits dans les vertigineuses profondeurs de la mer, des grands drames se jouant sur la scène immense de l'élément liquide, toujours la vivante et sincère narration de l'auteur nous émeut par la grandeur des spectacles incomparables qu'il évoque en même temps que la facilité de son style en rend la lecture attrayante pour tous les amateurs, grands et petits, qui s'intéressent aux choses de la mer.
La Suisse illustrée, le substantiel et séduisant volume que publie la maison Larousse [5], continue la belle série dans laquelle ont déjà paru la France, la Belgique illustrée, l'Italie illustrée. Dû à la plume d'un écrivain, M. Albert Dauzat, qui connaît à fond la Suisse, et qui nous l'explique en un texte très, imagé, et très vivant, ce livre, abondamment et richement illustré par la photographie d'après nature, est, avec le volume sur la Mer de M. Clerc-Rampal [6], un intéressant cadeau à faire aux jeunes gens curieux, de voyages, comme aux amateurs de beaux livres.
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Les belles éditions Flammarion s'enrichissent, ce mois de décembre, d'un admirable Roméo et Juliette, qui succède dans la même série à Hamlet et au Marchand de Venise, toujours dans l'excellente traduction de M. Georges Duval. L'ouvrage est illustré de 24 planches en couleurs de Hatterel [7]. Et la même maison nous offre encore, pour les adolescents, en un beau livre à gravure, la Belle Nivernaise [8], d'Alphonse Daudet.
Aux lettrés, s'offrent aussi de délicates éditions de bibliophiles. Il y a la merveilleuse collection Louis Conard--si souvent louée ici--des Oeuvres complètes de Balzac, illustrées par Huard. Et il y a aussi la merveilleuse «bibliothèque du XVe siècle», de l'éditeur Champion, ce Mécène des lettres françaises du temps passé. La série vient de s'enrichir d'un très important ouvrage sur Villon en deux volumes par M. Pierre Champion, l'un de nos plus sympathiques chartistes. On connaît sur Villon l'excellent petit livre de Gaston Paris. On sait aussi les précieuses découvertes d'Auguste Longnon et les patientes et précises recherches de Marcel Schwob, mort à la tâche. D'autres sources inédites ont permis à M. Pierre Champion de nous donner des conclusions toutes nouvelles sur les fréquentations du poète, le milieu dans lequel il a évolué. Et l'on saura gré à l'érudit biographe de s'être ingénié à si agréablement promener ses lecteurs à travers ce Paris où Villon a beaucoup erré, en leur disant au passage les particularités de la rue et de la vie parisienne que mentionna le poète. Et ce n'est point là un voyage de pure imagination puisqu'il est tout entier justifié par les documents.