Un cliché, des détails nouveaux, que nous recevons touchant la remise des décorations du 14 juillet aux blessés de l'hôpital de Fez, nous donnent l'occasion de revenir sur cette émouvante cérémonie, dont ils complètent la physionomie.
Au nombre des officiers décorés se trouvait le lieutenant de Villiers, du 2e spahis, fils du général de Villiers. Le général, qui, lui-même, alors qu'il était sous-lieutenant, fut blessé, à Froeschwiller, dans la fameuse charge, d'une balle à la poitrine, avait tenu à venir embrasser son fils, atteint, au combat du 13 juin, comme lui-même l'avait été autrefois, en pleine poitrine, et il assistait, à Fez à la solennité de l'hôpital Auvert. Par un sentiment infiniment délicat, le général Gouraud tint à réserver à cet heureux père la joie de décorer lui-même son fils, et, ayant donné au lieutenant de Villiers l'accolade, accompagnée des paroles traditionnelles, il remit au général de Villiers, pour qu'il l'épinglât lui-même sur la jeune poitrine, le ruban rouge auquel pendait l'étoile des braves.
Carte de la région où se dessine le mouvement de l'aile droite de l'armée allemande à travers le Luxembourg et la Belgique.
L'OFFENSIVE DE L'AILE DROITE ALLEMANDE
L'invasion du Luxembourg par les armées allemandes était, depuis longtemps, une éventualité prévue par notre état-major. Il suffit, en effet, de regarder une carte pour voir qu'entre la ligne des Vosges et la Belgique, le Grand-Duché de Luxembourg, petit territoire de 2.500 kilomètres carrés, constitue une voie d'accès en France tout indiquée pour une armée venant de la Prusse rhénane. Aussi, depuis longtemps, le gouvernement allemand, chargé de l'exploitation des chemins de fer du Luxembourg, avait mis à profit cette situation privilégiée pour organiser en vue de sa mobilisation le réseau du Grand-Duché. Notre carte indique l'importance des travaux accomplis dans ce but.
Elle montre en outre que la violation du territoire belge est le complément logique de l'invasion du Grand-Duché.
Notre front des Vosges est considéré comme à peu près infranchissable; les Allemands devaient donc songer à utiliser la grande voie de pénétration que constitue la frontière germano-belge et germano-luxembourgeoise, entre Aix-le-Chapelle et Longwy.
L'attaque de Liége, les 4 et 5 août, par l'avant-garde allemande.