Le drapeau du 102e d'infanterie, avant le départ.
LE DÉPART D'UN RÉGIMENT.—La population parisienne acclame ceux qui vont se battre.
Photographie L. Gimpel.
TOUT FRANÇAIS EST A SON POSTE.—La garde des voies ferrées par les vétérans.
Dessin de Georges SCOTT.
Il n'est plus d'aucune «classe», celui-là. Ou plutôt si: il est de la classe des vieux,—de ceux qui ont passé la cinquantaine, et dont les reins ne pourraient plus porter longtemps le poids du sac, et que leurs jambes, un peu fatiguées, ne sauraient plus conduire «sur le front» aussi vite qu'autrefois... Car lui aussi est allé «sur le front»; il y a longtemps de cela: quarante-quatre ans! Sa jeunesse a connu le sublime espoir de vaincre, et, presque aussitôt, l'affreuse douleur d'être vaincu. Et il a vécu près d'un demi-siècle sous cet affront, avec la haine de l'Allemand au coeur, et cette ambition de la Revanche qui était demeurée, chez nous, le rêve obstiné de tous les vieux!
Le voilà près d'être réalisé, ce rêve-là! Au souffle de joie et d'enthousiasme qui a passé sur le pays, le vieux s'est senti rajeunir. Il a vu partir un fils, un petit-fils peut-être, et, dans cette minute d'angoisse paternelle, il s'est aperçu qu'il était content tout de même,—et presque jaloux de ceux qu'il accompagnait au train.