UN SOUVERAIN HÉROÏQUE: ALBERT, ROI DES BELGES
L'histoire nous dit que le devoir d'affirmer et de maintenir le grand principe qui est, après tout, la source du progrès et de la civilisation a incombé parfois, à des moments critiques du passé, à des Etats relativement petits comme superficie et comme population, mais grands en courage et en ressources,--à Athènes et à Sparte, à la nation suisse, et non moins glorieusement, il y a trois siècles, aux Pays-Bas. Jamais, je puis le dire, ce devoir n'a été reconnu plus clairement et plus bravement, jamais il n'a été accompli plus durement et plus héroïquement qu'au cours de ces dernières semaines par le roi des Belges et le peuple belge. Ils ont fait face sans faiblir et contre des difficultés incalculables: les horreurs de l'invasion, de la dévastation, de la spoliation et de l'outrage... Motion présentée par M. Asquith à la Chambre des communes. | Il y a eu des combats incessants autour d'Anvers au cours de la semaine dernière. Les troupes belges marchent au combat avec une ardeur indescriptible. Le roi Albert a contribué à maintenir cette ardeur parmi ses soldats; il se multiplie et se trouve toujours à l'endroit le plus dangereux. C'est ainsi que, quand la garnison fit une nouvelle tentative pour déloger les Allemands de Malines, le roi se trouvait en péril grave. Dans son automobile, il courait tout le long de la ligne de feu, encourageant les hommes par sa présence et ses paroles. Les shrapnells éclataient autour de lui et l'un d'eux explosa à 20 mètres. Quand son aide de camp lui demanda de se retirer, le roi refusa et répondit: «Je ne veux pas que mes soldats puissent dire que leur chef se retire du danger pendant qu'il envoie les hommes faire face aux balles de l'ennemi.» Dépêche d'Ostende au New-York Herald. |
LES DEUX FANTOMES
[Deco]
Chaque armée a sur elle un fantôme qui plane,
Un grand fantôme ailé, muet et diaphane;
Même alors qu'il échappe au rayon visuel
Il est là cependant, formidable,--et réel!