d’autres officiers, blessés à ses côtés, ont soutenu ses débris devant les troupes auxquelles le commandant Delattre a rappelé le serment fait par le colonel, le 5 août dernier, au nom du régiment, de défendre le drapeau jusqu’au dernier sacrifice. Tous, vétérans ou jeunes recrues, renouvelèrent dans le fond de leur cœur le serment si bien tenu. La parade achevée, on vit un vieillard sortir des rangs, s’avancer près de l’étendard et poser ses lèvres sur la soie ternie; c’était le père du porte-drapeau Servent.
UN DRAPEAU QUI FUT BIEN DÉFENDU.—
C’est celui du 81ᵉ d’infanterie: la hampe est brisée, l’étoffe est déchirée, le porte-drapeau a été tué à l’ennemi.—
Phot. H. Manuel.
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NOTRE 75 EN ACTION
Voici, au fort de l’action, une de ces batteries de notre 75, dont on ne cesse de vanter la puissance et la précision. C’est l’instant où le coup de la pièce la plus proche de nous vient de partir: la réaction a fait reculer la bouche à feu sur les glissières de l’affût, sans l’ébranler, grâce à ce frein incomparable, au mécanisme ingénieux, qui est l’un des avantages primordiaux de notre artillerie et qui fait que le canon demeure pointé une fois pour toutes quand le tir a été réglé. Pas de grosses volutes de fumée: seulement une blanche vapeur, vite dissipée, qui se résout en légers flocons emportés par le vent,—si bien qu’il est fort difficile, pour l’ennemi, sinon presque impossible, de repérer de loin les positions des batteries.
Dessin de Georges SCOTT.
Les officiers d’un bataillon de Sénégalais devant leur résidence d’automne en Champagne.
LA VIE DANS LES TRANCHÉES