Carte des bouches et du golfe de Cattaro que bloquent plusieurs unités navales françaises et britanniques.


LA DOUZIÈME SEMAINE DE GUERRE


Voici donc la guerre portée jusqu’au littoral de la mer du Nord, où les lignes alliées se prolongent sur les flots par une escadre anglaise qui a participé à la bataille en ouvrant le feu sur l’ennemi parvenu à Nieuport. De ce côté, les trois alliés: Anglais, Belges, Français, font face, avec succès, à une de ces ruées en masse qui semblent le fond de la tactique allemande. C’est par là qu’il faut commencer le récit des faits de la semaine.

EN BELGIQUE

L’armée belge, malgré la hâte avec laquelle un corps allemand franchissant l’Escaut cherchait à l’obliger à se réfugier en Hollande, échappait au danger, contenait un moment l’ennemi aux abords de Gand et parvenait dans la région de la Flandre occidentale traversée par le petit fleuve Yser. Les Allemands précipitaient leur marche; dès le 14, ils arrivaient dans les régions de Bruges et de Thielt, se dirigeant vers Ostende. Notre armée, appuyée par les Anglais, ayant déjà déblayé tout le pays sur la rive gauche de la Lys, se portait à leur rencontre. Nos avant-gardes atteignaient bientôt l’Yperlé ou canal d’Ypres qui relie la ville d’Ypres à l’Yser: leur gauche s’étendait jusqu’à la mer.

Le 16, le contact était pris: notre brigade de fusiliers marins, attaquée sur le canal, repoussait l’ennemi, cependant bien plus nombreux. A ce moment, les Allemands avaient atteint Ostende et prolongé leurs lignes jusqu’à Menin par Thourout.