Sur la Bassée et Lens, plus vagues encore ont été les indications. Les Allemands y firent toute la semaine d'énormes efforts, avec des forces tellement supérieures que, le 25, on annonçait un recul à l'Ouest des deux villes; depuis lors les Allemands n'ont pu poursuivre ce succès; nous avons même réalisé de légers progrès. Pendant ce temps, on se battait toujours aux environs d'Arras; l'artillerie allemande, placée à grande distance, continuait la destruction méthodique de la vieille cité, mais nos troupes paraissaient contenir et repousser l'ennemi qui avait dirigé de violentes attaques au Nord de la ville, du 19 au 22; le 25, la surprise de nuit échouait comme dans les autres secteurs; le 26, on apprenait que nous étions à l'Est de la ville, c'est-à-dire, sans doute, dans la direction de Douai.
Le 28, le communiqué signalait qu'au Sud-Ouest de la Bassée, vers Cambrin, petit chef-lieu de canton, l'ennemi avait reculé. Et l'état-major faisait connaître que les pertes des Allemands étaient énormes dans les Flandres.
Au Sud d'Arras, aux confins de l'Artois et de la Picardie, les Allemands montraient moins d'activité, ils renouvelaient cependant, vers le 20, leurs tentatives pour percer nos lignes à hauteur d'Albert, mais ne réussissaient pas à nous entamer.
DE LA SOMME A L'ARGONNE
Sur toute cette ligne sinueuse partant de Bray-sur-Somme pour aboutir à la Meuse verdunoise, il y eut de nombreux et rudes combats qui se sont traduits, on en a l'intuition, par de sensibles progrès pour nous. Nous devons nous borner à marquer, d'après les communiqués, les principales phases de cet ensemble de rencontres.
Vers la Somme, c'est, le 22, une attaque infructueuse des Allemands autour de Rosières-en-Santerre. Au Nord de l'Aisne, on constate des progrès lents, mais sérieux, sur le réseau des tranchées et des cavernes allemandes.
L'artillerie joue un rôle important: le 22, nous détruisons par nos obus trois batteries ennemies. Pendant que nous remontons ainsi pas à pas dans la direction de Noyon et de Tergnier, une avance plus sensible se produit vers Craonne et la plaine champenoise, au Nord de l'Aisne, où il semble que nous approchons du camp de Sissonne.
Devant la tombe du premier soldat français tué par un obus autrichien, le capitaine monténégrin Yovitchevitch prononce une allocation funèbre
Photographies Jovanescovitch.