Sur le reste du front, en Champagne, les Allemands ont manifesté une recrudescence d’activité se traduisant surtout par une violente canonnade à l’aide de leur artillerie lourde et la reprise du bombardement de Reims. Plus à l’Est, du 30 octobre au 2 novembre, nous avons gagné de tranchée en tranchée au Nord de Souain, malgré une action d’artillerie presque ininterrompue.

Dans l’Argonne, la bataille commencée la semaine dernière, à travers la forêt, entre Vienne-la-Ville et Varennes, a continué toute la semaine. Les Allemands, pour s’assurer la communication à travers ces grands bois, nous ont attaqués avec fureur; chacune de ces tentatives a été repoussée avec des pertes considérables pour l’ennemi, et, le mardi 3, nous le rejetions au Nord du chemin de Varennes.

Sur la Meuse, dans le massif des Côtes et dans la Woëvre, il n’y a pas eu moins d’activité; les Allemands cherchent évidemment à envelopper le camp retranché de Verdun dans le but d’entreprendre le siège de cette grande place. L’armée qui manœuvre de ce côté, vers Saint-Mihiel, en Woëvre, au Nord de Verdun, a partout tenu l’ennemi à distance et gagné sur lui; elle a dépassé Pont-à-Mousson et, sans doute, atteint la frontière. Au Nord de Verdun, où le puissant fort de Douaumont avait été canonné pendant vingt-quatre heures sans subir, d’ailleurs, le moindre dégât, nos troupes ont obligé les assaillants à évacuer les positions lointaines d’où ils essayaient le bombardement du fort.

Pendant que des détachements français opèrent dans la vallée supérieure de la Seille, vers Château-Salins, l’ennemi a esquissé une contre-offensive contre Nomény au Nord de Nancy; sa reconnaissance a été rudement reçue et rejetée sur le territoire annexé.

Dans les Vosges moyennes, les Allemands maîtres du chaînon du Ban-de-Sapt, qui se dirige du col de Saales vers Raon-l’Etape, bombardaient presque journellement Saint-Dié; une brillante attaque les a rejetés sur le versant alsacien pendant que d’autres forces, franchissant le col de Sainte-Marie-aux-Mines, prenaient possession des hauteurs au-dessus de la petite ville portant ce nom.

La semaine, on le voit, a été marquée par de nombreux événements de guerre, mais c’est vers la Flandre surtout que s’est portée et que se porte encore l’attention.

LES OPÉRATIONS RUSSES

Peu de nouvelles, cette semaine, mais elles sont excellentes en ce qu'elles montrent les armées allemandes et autrichiennes obligées à une retraite semblable à une déroute. Si, dans la Prusse orientale, les Allemands résistent, grâce au réseau de lacs et de rivières qui entourent Lyck, ils se replient au Sud de la Vistule vers la Wartha, aussi rapidement que le permettent des routes boueuses transformées en fondrières. Ils ont dû abandonner précipitamment la grande ville de Lodz avec tous les approvisionnements qui y étaient réunis, et ils continuent leur navrante retraite, poursuivis par les Cosaques.

Au Sud de la rivière Piliza, les vaincus d’Ivangorod avaient trouvé des terrains de défense dans les forêts qui couvrent ce territoire. Du 24 au 28 octobre, Allemands et Autrichiens résistèrent avec une sombre énergie, mais ils finirent par être rejetés, laissant Radom aux mains de nos alliés. Aux confins de la Galicie, les Autrichiens n’ont pas été plus heureux; ils sont refoulés dans la direction de Kielce et même au delà. Sur le San, des combats ardents ont eu lieu, tournant tous à l’avantage des Russes qui achèvent de réduire la forteresse de Przemysl.

DANS LES PAYS SERBES