54. LA FEMME.—Tu pars déjà. Arrête-toi et dis-moi si tu es satisfait, car tu me laisseras ainsi la joie au coeur.

55. L'HOMME.—Je m'en vais chez moi et je t'enverrai mon frère aîné pour consommer notre union.

56. LA FEMME.—Que pourrai-je faire si tu me trompes en me promettant de m'épouser? Personne ne nous a vus ici.

57. L'HOMME.—Ne crains rien, je prends à témoins le ciel et la terre, le soleil et la lune.

58.—LA FEMME.—C'est assez, je t'en remercie, mon amant; tu peux te retirer, je m'en vais aussi chez moi.

N° 2.—Fleurtage chez les Chinois.

Il est intéressant de rapprocher du fleurtage hindou, si passionné, le fleurtage chinois si formaliste.

La jeune chinoise qui se marie elle-même (Jules Arène, La Chine familière et galante).

«LA JEUNE FILLE.—Triste, les sourcils froncés, je brode pour tuer le temps; de mes manches j'essuie mes larmes; je n'ai pas le courage de me coiffer près de la fenêtre et je m'en veux à moi-même; la destinée des jolies femmes, c'est chose connue, est mauvaise! Je m'appelle Sou-yu-Tchiaou, ma mère est veuve, notre avoir est mince. J'ai aujourd'hui dix-huit ans et n'ai point de mari. Ma mère est toute confite en dévotion et néglige les affaires de la maison.

«LA MÈRE.—J'ai appris l'arrivée d'un bonze pèlerin qui fait des conférences dans la pagode Poutousse, et je me suis levée de bonne heure pour l'entendre; je vais sortir, applique-toi à broder jusqu'à mon retour; à midi je préparerai de quoi apaiser notre faim.