Leur danse est une pantomime très étudiée où figure généralement une seule bayadère, accompagnée par des musiciens dont la musique barbare est peu agréable pour des Européens. Hors des pagodes, cette pantomime représente généralement les diverses phases d'une lutte amoureuse chantée par les musiciens qui accompagnent la bayadère.
Le caractère de la pantomime et du chant est reproduit, autant qu'il est possible de le faire en français, dans la chanson intitulée: Entretien d'un homme en route(ci-dessus, page 138).
Dans les fêtes et les temples, elles chantent des hymnes en l'honneur des dieux ou leurs aventures galantes et guerrières.
Lorsqu'elles se produisent devant les Européens, les bayadères se livrent quelquefois à des fantaisies; par exemple, elles parodient les danses et les manières de nos demi-mondaines.
Quelquefois plusieurs bayadères se réunissent pour exécuter certaines figures d'ensemble, toujours sur place et sans se transporter sur un certain espace.
Les bayadères brahmaniques, à cause de leur caractère sacré, ne se donnent que très secrètement aux Européens, parce qu'ils sont réputés impurs; il n'en est pas de même des bayadères musulmanes qui sont de simples danseuses.
Il est même d'usage de les offrir aux Européens devant lesquels on les fait danser; mais ce sont des beautés fort dangereuses, ainsi que l'ont éprouvé Jacquemont et d'autres voyageurs.
Leurs danses, beaucoup plus gracieuses et animées que celles des bayadères brahmaniques, ressemblent aux danses espagnoles et mauresques.
En Algérie, il y a aussi des danseuses qui s'exhibent dans les fêtes arabes et même européennes. Elles sont bien inférieures aux bayadères de l'Egypte et de l'Inde. Leur pantomime, également sur place, consiste surtout en mouvements des hanches et du ventre, qui plaisent beaucoup aux Arabes, mais qui, dans l'Inde seraient regardés comme indécents; c'est par le geste et le regard que les bayadères de l'Inde sont provoquantes.