Différentes sortes de gains des courtisanes.
Si une courtisane peut gagner chaque jour beaucoup d'argent avec plusieurs hommes, elle ne se bornera pas à un seulement; dans ce cas, elle fixera un prix par nuit, suivant le lieu, la saison et les gens, et par comparaison avec les prix des autres courtisanes, en se rendant compte de ses propres avantages (App. 2).
Elle informera ses amants, ses amis et connaissances de ses tarifs variés ou successifs (App. 3).
Les anciens sages sont d'avis que quand une courtisane décidée à vivre avec un seul homme a des chances égales de gain avec deux amants qui se présentent, elle doit prendre celui des deux qui lui donnera l'espèce d'objets qu'elle préfère.
Mais Vatsyayana déclare qu'elle doit choisir celui qui lui donnera de l'or, parce que l'or ne peut être repris et qu'avec lui on se procure tout ce que l'on veut.
Si tout est égal pour les dons à recevoir des deux poursuivants, la courtisane doit se décider d'après l'avis d'un ami ou d'après les qualités personnelles et les signes heureux ou malheureux de chacun d'eux.
Quand, de deux amants, l'un n'est que généreux, tandis que l'autre a de l'attachement, les sages (anciens casuistes) donnent la préférence au premier et Vatsyayana au second, parce que celui-ci ne rappellera dans aucune occasion l'argent donné, tandis que l'autre invoquera, pour donner moins, le souvenir des largesses faites. Là encore, il faut considérer le plus grand profit probable.
Quand une courtisane est sollicitée à la fois par un ami et par un homme libéral, Vatsyayana dit qu'elle doit les contenter tous deux en obtenant de l'un un ajournement à la satisfaction de ses désirs.
Lorsqu'elle a à choisir entre un gain à réaliser et un danger à éviter, Vatsyayana, contrairement aux sages (anciens casuistes), est d'avis qu'il faut avant tout conjurer le mal. Il faut d'ailleurs bien peser les chances et l'importance du gain et du mal probables.
Une courtisane ne demandera que peu et d'une manière tout à fait amicale à un homme dans les cas suivants: