Les courtisanes de premier ordre étaient à peu près sur le même pied dans l'Inde et dans la Grèce. On voit le Bouddha témoigner les plus grands égards à la courtisane Apalika, mère de son médecin, accepter d'elle pour sa communauté (l'église Bouddhique) d'immenses richesses et donner à son invitation le pas sur l'invitation des princes du pays.
Périclès et Aspasie nous offrent le modèle des ménages entre un homme éminent et une courtisane de renom.
Aspasie de Millet était, à Athènes, propriétaire d'un établissement de courtisanes de premier ordre, à la fois lieu de plaisir et cercle réunissant l'élite des citoyens.
Une fois séparé de sa femme, qui se remaria, Périclès la reçut dans sa maison comme une épouse.
C'était une nature élevée, sans artifice, admirablement douée. Sentant vivement le beau sous toutes ses formes, elle captivait par son esprit aimable et sa haute raison; elle possédait toutes les connaissances et tous les talents.
Elle parlait si bien de la politique, de la philosophie et des arts, que les plus grands personnages d'Athènes recherchaient son entretien, Socrate tout le premier.
Liée avec tous les hommes éminents, à Athènes et hors d'Athènes, elle seconda puissamment la politique de Périclès.
Comme étrangère, elle ne put l'épouser, mais ils vécurent toujours dans une union parfaite que la calomnie, si puissante alors à Athènes, ne put jamais atteindre et que la mort seule put rompre.
CHAPITRE V
Manière de se faire donner beaucoup d'argent par l'amant.