DOUTE SUR LE MÉRITE RELIGIEUX[92].
Le doute sur le mérite religieux se produit quand une courtisane hésite à congédier un amant qu'elle a ruiné, ou bien à se montrer tout à fait cruelle à un homme qui l'aime et dont les refus feront le malheur dans ce monde et dans un autre[93].
[Note 92: Ce que nous appellerions un scrupule ou cas de conscience.]
[Note 93: La Théologie morale a un doute semblable:
Une courtisane est poussée par un ami ou par la compassion à avoir des rapports charnels avec un brahme savant, un étudiant en religion, un sacrificateur, un dévot ou un ascète qui est en danger de mourir d'amour pour elle; elle se demande si en y consentant elle acquerra ou perdra du mérite religieux. Dans ce cas, on dit que son doute est double parce qu'il porte à la fois sur le gain et sur le mérite religieux.
_Conclusion du chapitre. _Une courtisane doit peser sur tout ce qui est à son avantage ou à son détriment, à la fois en ce qui concerne l'argent, le mérite religieux et le plaisir.
«La femme enlevée peut-elle tuer son ravisseur?»
Quelques théologiens le nient, disant que la pudicité est un moindre bien que la vie temporelle et la vie éternelle que l'agresseur perdrait, s'il était tué.
L'opinion la plus probable est l'affirmative pour le cas où la femme ne peut autrement empêcher l'attentat de se perpétrer.]