«Il est un lieu fait pour la débauche; là, ne rougis point de te dépouiller de la tunique légère qui voile tes charmes et de soutenir sur ta cuisse celle de ton amant; là, qu'il glisse entre tes lèvres de rose, sa langue jusqu'au fond de ta bouche, et que l'amour varie en mille manières les jeux de Vénus. Là, n'épargne ni les douces paroles, ni les caresses provocantes, et fais trembler ta couche par des mouvements lascifs. Mais fais au moins que je l'ignore; que je ne voie pas tes cheveux en désordre et la trace d'une dent marquée sur ton cou.
«Si je venais à te surprendre nue dans les bras d'un autre, j'en croirais plutôt la bouche que mes yeux.»
Properce, livre III, Élégie VIII.
Morsures entre amants.
«Quelle douce querelle tu me fis hier aux flambeaux!
Avec quel plaisir j'ai vu tes éclats, entendu tes malédictions!
«Échauffée par le vin, tu repousses ta table et tu me lances, d'une main égarée, des coupes encore pleines. Eh bien, poursuis, saisis mes cheveux, déchire ma figure, menace mes yeux, arrache mes vêtements et mets à nu ma poitrine, voilà des marques certaines de tendresse.
«Jamais de colère furieuse chez une femme sans un violent amour.
«Quand une belle s'emporte aux amours, qu'elle parcourt les rues comme une bacchante, que de vains songes l'épouvantent souvent ou qu'elle s'émeut à la vue d'une jeune fille, ces marques trahissent un amour réel; pour croire à la fidélité, il faut qu'elle se montre par des injures.
«Dieu de Cythère, donne à mes ennemis une amante insensible.
«Que mes rivaux comptent sur mon sein les dents de ma maîtresse.