La présentation de Chateaubriand à Pie VII eut lieu le 2 juillet 1803. Il écrivait, le lendemain, à M. Joubert: «Sa Sainteté m'a reçu hier; elle m'a fait asseoir auprès d'elle de la manière la plus affectueuse. Elle m'a montré obligeamment qu'elle lisait le Génie du Christianisme, dont elle avait un volume ouvert sur sa table. On ne peut voir un meilleur homme, un plus digne prélat, et un prince plus simple: ne me prenez pas pour madame de Sévigné.»[(Retour au texte principal.)]
Note 301: Hercule Consalvi (1757-1824). Pie VII l'avait nommé cardinal et secrétaire d'État au lendemain de son entrée dans Rome, en 1800. Il vint en France en 1801 pour la conclusion du Concordat. Après l'arrestation du Souverain Pontife, en 1809, il reçut l'ordre de se rendre en France; en 1810, à la suite de son refus d'assister au mariage religieux de Napoléon, il fut interné à Reims. Redevenu secrétaire d'État en 1814, il prit part au Congrès de Vienne et conserva la direction des affaires jusqu'à la mort de Pie VII (20 août 1823). Il mourut lui-même peu de temps après, le 24 janvier 1824. Il n'était que diacre, n'ayant jamais voulu recevoir la prêtrise. Ses Mémoires ont été publiés et traduits, en 1864, par J. Crétineau-Joly.[(Retour au texte principal.)]
Note 302: Victor-Emmanuel I (1754-1824), le souverain dépossédé que représentait alors à Saint-Pétersbourg le comte Joseph de Maistre.—Avant l'arrivée du cardinal Fesch, qu'il précédait à Rome de quelques jours, Chateaubriand avait cru pouvoir faire visite à l'ex-roi de Sardaigne. Il annonçait du reste lui-même, en ces termes, à M. de Talleyrand, la démarche qui allait attirer sur sa tête un si violent orage:
«12 juillet 1803.
«CITOYEN MINISTRE,
«M. le cardinal Fesch présente ce soir ses lettres de créance au Pape. Avant que notre mission fût officiellement reconnue à Rome, je me suis empressé de voir ici toutes les personnes qu'il était honorable de voir. J'ai été présenté, comme simple particulier et homme de lettres, au roi et à la reine de Sardaigne. Leurs Majestés ne m'ont entretenu que d'objets d'art et de littérature.
«J'ai l'honneur de vous saluer respectueusement.»[(Retour au texte principal.)]
Note 303: Monseigneur de Clermont-Tonnerre. Voir la note 1 de la page [336].[(Retour au texte principal.)]
Note 304: L'abbé Guillon (1760-1847). Il avait été aumônier, lecteur et bibliothécaire de la princesse de Lamballe. Le cardinal Fesch, l'avait emmené avec lui à Rome. Appelé à la Faculté de théologie dès sa création, il y fit avec distinction le cours d'éloquence sacrée pendant trente ans, et en devint le doyen. Promu par Louis-Philippe, en 1831, à l'évêché de Beauvais, il ne put obtenir ses bulles du pape, parce qu'il avait administré l'abbé Grégoire, évêque constitutionnel de Blois, sans avoir observé toutes les règles ecclésiastiques; néanmoins, ayant reconnu ses torts, il fut nommé, en 1832, évêque in partibus du Maroc. On lui doit une traduction complète des Œuvres de saint-Cyprien, et une Bibliothèque choisie des Pères grecs et latins, traduits en français, 26 vol. en in-8o.[(Retour au texte principal.)]
Note 305: Antoine-François-Philippe Dubois-Descours, marquis de La Maisonfort (1778-1827). Il était, au moment de la Révolution, sous-lieutenant dans les gardes du corps, à la compagnie de Gramont. Il émigra et fit la campagne de 1792, à l'armée des princes. Rentré en France au début du Consulat, il fut arrêté et interné à l'île d'Elbe, d'où il s'échappa et vint à Rome. C'est alors que le vit Chateaubriand. Il put gagner la Russie et ne revit la France qu'en 1814. Député du Nord, de 1815 à 1816, il fut, après la session, chargé de la direction du domaine extraordinaire de la couronne. Devenu plus tard ministre plénipotentiaire à Florence, il eut la bonne fortune d'y voir arriver, comme secrétaire de la légation, Alphonse de Lamartine. Le marquis de la Maisonfort a publié un grand nombre d'écrits politiques, notamment le Tableau politique de l'Europe depuis la bataille de Leipzig jusqu'au 13 mars 1814. Il devra de vivre à cette double chance d'avoir eu son nom inscrit dans les Mémoires de Chateaubriand et dans les Méditations de Lamartine, qui lui a dédié sa pièce intitulée: Philosophie.
Toi qui longtemps battu des vents et de l'orage.
Jouissant aujourd'hui de ce ciel sans nuage,
Du sein de ton repos contemples du même œil
Nos revers sans dédain, nos erreurs sans orgueil...[(Retour au texte principal.)]