Note 316: Chateaubriand paraît avoir fait ici une confusion. Le comte de la Luzerne, l'ambassadeur, qui avait eu pour secrétaire à Londres André Chénier et Louis de Chateaubriand, était mort à Southampton, le 14 septembre 1791. Ce n'est donc pas à lui que l'auteur des Mémoires écrivait en 1803. Le correspondant de Chateaubriand, le beau-frère de Mme de Beaumont, était le comte Guillaume de la Luzerne, neveu de l'ambassadeur et fils de César-Henri de la Luzerne, ministre de la Marine sous Louis XVI. Guillaume de La Luzerne avait épousé, en 1787, la sœur aînée de Mme de Beaumont, Victoire de Montmorin, qui, ainsi qu'on l'a vu à la note 2 de la page [255], mourut en prison sous la Terreur.[(Retour au texte principal.)]

Note 317: Les Saint-Germain, la femme et le mari (Germain Couhaillon), étaient depuis trente-huit ans au service de la famille Montmorin. Chateaubriand, à son tour, les prit à son service, et ils ne le quittèrent plus.[(Retour au texte principal.)]

Note 318: Madame de Beaumont mourut le vendredi, 4 novembre 1803. Quatre jours plus tard, Chateaubriand adressa à M. Guillaume de la Luzerne une longue lettre sur les derniers moments de sa belle-sœur. Joubert a dit de cette Relation, dont il avait eu en mains une copie: «Rien au monde n'est plus propre à faire couler les larmes que ce récit. Cependant il est consolant. On adore ce bon garçon en le lisant. Et quant à elle, on sent pour peu qu'on l'ait connue, qu'elle eût donné dix ans de vie, pour mourir si paisiblement et pour être ainsi regrettée.»—La lettre de Chateaubriand à M. de la Luzerne a été publiée par M. Paul de Raynal dans son très intéressant volume sur les Correspondants de Joubert.[(Retour au texte principal.)]

Note 319: Auguste de Montmorin, officier de marine, avait péri en 1793 dans une tempête en revenant de l'Île-de-France.—Dans l'enveloppe qui renfermait le testament de Mme de Beaumont, se trouvait une note ainsi conçue: «Madame de Saint-Germain ouvrira ce paquet, qui contient mon testament; mais je la prie, si ce premier paquet est ouvert à temps, de me faire ensevelir dans une pièce d'étoffe des Indes qui m'a été envoyée par mon frère Auguste. Elle est dans une cassette.»[(Retour au texte principal.)]

Note 320: Et non en 1827, comme le portent toutes les éditions des Mémoires. Chateaubriand passa toute l'année 1827 à Paris. Ce fut seulement en 1828, sous le ministère Martignac, qu'il fut nommé à l'ambassade de Rome.[(Retour au texte principal.)]

Note 321: Ce monument, c'était Chateaubriand qui l'avait fait élever, dans l'église Saint-Louis-des-Français. Dans la première chapelle à gauche en entrant, en face du tombeau du cardinal de Bernis, un bas-relief, en marbre blanc représente madame de Beaumont étendue sur sa couche funèbre; au-dessus, les médaillons de son père, de sa mère, de ses deux frères et de sa sœur, avec ces mots: Quia non sunt; dessous, cette inscription:

D. O. M.
Après avoir vu périr toute sa famille.
Son père, sa mère, ses deux frères et sa sœur,
PAULINE DE MONTMORIN,
Consumée d'une maladie de langueur,
Est venue mourir sur cette terre étrangère.
F.-A. de Chateaubriand a élevé ce monument
à sa mémoire.

En cette circonstance, ainsi que cela lui arrivera si souvent, Chateaubriand avait plus écouté ses sentiments qu'il n'avait fait état de sa fortune. Il écrivait à Gueneau de Mussy, le 20 décembre 1803: «Je vous prie de veiller un peu à mes intérêts littéraires; songez que c'est la seule ressource qui va me rester... Le monument de Mme de Beaumont me coûtera environ neuf mille francs. J'ai vendu tout ce que j'avais pour en payer une partie...»[(Retour au texte principal.)]

Note 322: C'est une épigramme anonyme de l'Anthologie grecque (VII, 346). En voici la traduction complète: «Excellent Sabinus, que ce monument, bien que la pierre en soit petite, te soit un gage de ma grande amitié! Je te regretterai sans cesse; mais toi, ne vas pas, si tu le peux chez les morts, boire une seule goutte de cette eau du Léthé qui te ferait m'oublier.»—Les deux derniers vers de l'épigramme grecque se retrouvent dans l'Anthologie latine de Burmann (t. II, p. 139):

Tu cave Lethæo contingas ora liquore,
Et cito venturi sis memor, oro, viri.[(Retour au texte principal.)]