Elle avait épousé en premières noces, le 8 avril 1750, Charles-Georges-René de Cambout, marquis de Coislin, qui devint maréchal de camp et décéda en 1771, sans postérité. Deux enfants, un fils et une fille, étaient bien nés de ce mariage, mais tous deux étaient morts au berceau.

La marquise de Coislin resta vingt ans veuve. En 1793, alors qu'elle était plus que sexagénaire, elle épousa, en second mariage, un de ses cousins, de douze ans plus jeune qu'elle, Louis-Marie, duc de Mailly, ancien maréchal de camp, qui la laissa veuve pour la seconde fois en 1795.—Il faut croire que ce mariage de 1793 ne reçut pas de consécration légale, puisque la duchesse de Mailly continua à être appelée la marquise de Coislin. Elle survécut vingt-deux ans à son second mari et mourut le 13 février 1817.[(Retour au texte principal.)]

Note 386: Sur la marquise de Coningham, voir au tome I la note 2 de la page 398.[(Retour au texte principal.)]

Note 387: Allusion à une épigramme de l'Anthologie.[(Retour au texte principal.)]

Note 388: «En quittant Méréville, M. de Chateaubriand fut passer quelque temps à Champlâtreux, et moi, par complaisance, je partis avec Mme de Coislin pour les eaux de Vichy. Cette bonne dame était très aimable, mais très difficile à vivre; son avarice surtout était insupportable. Pendant le voyage, elle me faisait une guerre à mort sur ce que je mangeais, bien que ce ne fût pas à ses dépens. Elle prétendait que c'était la plus sotte manière de dépenser son argent; aussi, dans les auberges se contentait-elle d'une livre de cerises qu'on lui faisait payer à raison de ce que ses domestiques avaient mangé, et ils se faisaient servir comme des princes; ils en étaient quittes pour une verte réprimande, qu'ils préféraient à la disette. Pendant la route, la conversation roulait en général sur la dépense de l'auberge que nous venions de quitter, ou sur la toilette de Mlle Lambert, sa femme de chambre. La pauvre fille était cependant fort mincement vêtue; mais elle était propre et changeait de linge, ce qui n'avait pas le sens commun. Mme de Coislin n'en changeait jamais; elle prétendait que c'était comme cela de son temps et qu'on possédait à peine deux chemises. Du reste, elle avait assez d'esprit pour rire la première de son avarice; elle convenait que, ne donnant pas ce qui était nécessaire à ses gens, ils étaient obligés de le prendre: «Mais que voulez-vous, mon cœur, me disait-elle, j'aime mieux qu'on me prenne que de donner. Je sais qu'au bout du mois, c'est toujours la maîtresse qui paye: tout cela est fort triste.»—Souvenirs de Mme de Chateaubriand.[(Retour au texte principal.)]

Note 389: «Mme de Coislin était ce qu'on appelle illuminée. Elle croyait à toutes les rêveries de Saint-Martin, et ne trouvait rien au-dessus de ses ouvrages. Il est vrai qu'elle n'en lisait guère d'autres, excepté la Bible qu'elle commentait à sa manière, qui était un peu celle des Juifs. Elle était du reste d'une complète ignorance, mais avec tant d'esprit et une si grande habitude du monde que, dans la conversation, on ne pouvait s'en apercevoir: elle ne savait pas un mot d'orthographe, et cependant elle parlait sa langue avec une pureté et un choix d'expressions remarquables. Personne ne racontait comme elle; on croyait voir toutes les personnes qu'elle mettait en scène.»—Souvenirs de Mme de Chateaubriand.[(Retour au texte principal.)]

Note 390: Mlle Panckoucke, femme de l'académicien Suard, née en 1750 à Lille, morte en 1830. Elle était sœur de l'imprimeur Panckoucke, le fondateur du Moniteur universel. Sous Louis XVI, le salon de Mme Suard, l'un des plus fréquentés de Paris, était particulièrement le rendez-vous des encyclopédistes. Elle écrivait avec agrément et a publié plusieurs ouvrages: Lettres d'un jeune lord à une religieuse italienne, imitées de l'anglais (1788); Soirées d'hiver d'une femme retirée à la campagne (1789); Mme de Maintenon peinte par elle-même (1810); Essai de Mémoires sur M. Suard (1820). Les Lettres de Mme Suard à son mari, imprimées en 1802, au château de Dampierre, par G. E. J. Montmorency Albert Luynes, n'ont pas été mises dans le commerce.[(Retour au texte principal.)]

Note 391: Et non Hénin, comme le portent toutes les éditions des Mémoires. Né le 30 août 1728 à Magny en Vexin, Pierre-Michel Hennin obtint, dès 1749, de M. de Puisieulx, ministre des Affaires étrangères, la faveur de travailler au Dépôt alors établi à Paris. Secrétaire d'ambassade en Pologne en 1759, résident du roi à Varsovie en 1763, résident à Genève en 1765, il devint en 1779 premier commis au ministère des Affaires étrangères et rendit, à ce titre, d'éminents services jusqu'au mois de mars 1792, époque à laquelle il fut brutalement renvoyé par le général Dumouriez, devenu ministre et alors l'homme des Girondins. Réduit à la misère après quarante-deux ans de services, il fut forcé de vendre sa bibliothèque, ses collections de tableaux, d'estampes et de médailles. Privé de ce qui avait été la joie et la consolation de sa vie, le vieil Hennin travailla jusqu'à la fin, apprenant des langues, «barbouillant de gros romans», ébauchant un grand poème: l'Illusion, dont il dut sans doute faire subir plus d'un fragment à son amie la marquise de Coislin. Il mourut, à près de 80 ans, le 5 juillet 1807.—Voir, pour la vie de Pierre-Michel Hennin, la notice qui se trouve en tête de sa correspondance avec Voltaire, notice rédigée par son fils, et les pages que lui a consacrées M. Frédéric Masson dans son excellent livre sur le Département des Affaires étrangères pendant la Révolution.[(Retour au texte principal.)]

Note 392: Claude-Antoine de Besiade, duc d'Avaray (1740-1829), était, avant la Révolution, lieutenant-général et maître de la garde-robe de Monsieur, comte de Provence. Député aux États-Généraux par la noblesse du bailliage d'Orléans, il fut emprisonné pendant la Terreur, recouvra sa liberté après le 9 Thermidor, émigra et ne rentra en France qu'en 1814. Louis XVIII l'éleva à la pairie le 17 août 1815, le créa duc le 16 août 1817 et le nomma premier chambellan de la cour le 25 novembre 1820.—Ce n'est pas lui, mais son frère, le comte d'Avaray, mort en 1811, qui fut le compagnon d'exil et le principal agent du comte de Provence.[(Retour au texte principal.)]

Note 393: Voir, au tome VI des Œuvres complètes, Cinq jours à Clermont (Auvergne) 2, 3, 4, 5 et 6 août 1805.—et le Mont-Blanc, paysage de montagnes, fin d'août 1805.[(Retour au texte principal.)]