[160]: Mémoires de M. de Bourrienne, tome II, p. 226.
[161]: François Miot, né à Versailles en 1779. Il fit la campagne d'Égypte en qualité de commissaire-adjoint des guerres. Entré dans l'armée comme capitaine en 1803, il passa en 1806 au service du roi Joseph à Naples, et le suivit en Espagne, où il devint son écuyer, avec le grade de colonel (1809); il ne revint en France qu'après la bataille de Vittoria (1813). Sous la Restauration, il fut réintégré dans l'armée comme colonel, grade qu'il n'avait eu jusque-là qu'à titre espagnol, et il fut nommé chef du bureau de recrutement, au ministère de la Guerre. En 1804, il avait publié ses Mémoires pour servir à l'histoire des expéditions en Égypte et en Syrie pendant les années VI à VIII de la République française. Une seconde édition, plus complète, parut en 1814.—François Miot était le frère d'André Miot, comte de Melito (1762-1841), auteur des Mémoires sur le Consulat, l'Empire et le roi Joseph, publiés en 1858, avec un grand et légitime succès. Ces Mémoires sont considérés, à juste titre, comme un document de premier ordre pour l'histoire de la période napoléonienne.
[162]: Mémoires de M. de Bourrienne, tome II, p. 256.
[163]: Antoine-Jean, baron Gros (1771-1835). Ce fut le roi Louis XVIII qui, en 1824, lorsqu'il eut achevé de peindre la coupole de Sainte-Geneviève (le Panthéon), lui donna le titre de baron. Son tableau des Pestiférés de Jaffa est un chef-d'œuvre. D'autres toiles, également admirables, lui ont été inspirées par la campagne d'Égypte et de Syrie, la bataille d'Aboukir, la bataille de Nazareth et Bonaparte aux Pyramides.—«Le tableau de Gros—représentant Bonaparte visitant et consolant les pestiférés de Jaffa—reste comme un chef-d'œuvre de l'art,» dit très bien Chateaubriand; mais la vérité reste aussi, et la vérité c'est que Bonaparte a fait empoisonner les pestiférés qui se trouvaient dans l'hôpital de Jaffa. Ce fut le pharmacien Royer qui, au refus de l'honnête Desgenettes, se chargea d'exécuter l'ordre du général en chef. Marmont, dans ses Mémoires, ne conteste ni l'ordre, ni son exécution. Il essaie seulement de justifier Bonaparte en disant que ce fut là, après tout, un acte d'humanité. «La guerre, ajoute-il, est un jeu d'enfants, et malheur aux vaincus!» (Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse, tome II, p. 12 et suiv.)
[164]: Le 18 mars 1799.
[165]: Le 4 avril, Junot, qui n'avait avec lui que cinq cents hommes, rencontra l'avant-garde turque à Nazareth et la mit en déroute.
[166]: La victoire du Mont-Thabor, remportée par Bonaparte et Kléber, est du 16 avril.
[167]: Les Martyrs, livre XI.
[168]: Rigord, moine de l'Abbaye de Saint-Denis, mort vers 1207, a laissé une Histoire de Philippe-Auguste (en latin), continuée par Guillaume le Breton. Elle a été traduite en français dans la Collection Guizot.
[169]: Jean Lannes, né en 1769 à Lectoure (Gers). Il s'enrôla en 1792 comme volontaire. Colonel dès 1795, général de brigade en 1797, il avait accompagné Bonaparte en Égypte. En 1800, il se couvrit de gloire à Montebello et, quelques jours après, contribua puissamment à la victoire de Marengo. Napoléon le créa maréchal d'Empire et duc de Montebello. En Allemagne, à Austerlitz, à Iéna, à Eylau, à Friedland, il ajouta de nouveaux lauriers à ses lauriers d'Italie, mais à Essling (22 mai 1809), il fut blessé mortellement et mourut quelques jours plus tard, après avoir été amputé des deux jambes.