[256]: Le 21 juin.

[257]: La première entrevue des empereurs Napoléon et Alexandre eut lieu le 25 juin.

[258]: Depuis le début de la campagne, et jusqu'à la fin, Napoléon, dans ses Bulletins, n'avait cessé de cribler d'épigrammes la reine de Prusse; il n'avait pas rougi de descendre contre elle jusqu'à l'insulte:

1er bulletin de la Grande-Armée, 8 octobre 1806:—«Maréchal, dit l'Empereur au maréchal Berthier, on nous donne un rendez-vous d'honneur pour le 8; jamais un Français n'y a manqué; mais comme on dit qu'il y a une belle reine qui veut être témoin des combats, soyons courtois, et marchons sans nous coucher pour la Saxe.» L'Empereur avait raison de parler ainsi, car la reine de Prusse est à l'armée, habillée en amazone, portant l'uniforme de son régiment de dragons, écrivant vingt lettres par jour pour exciter de toutes parts l'incendie. Il semble voir Armide dans son égarement, mettant le feu à son propre palais.»

8e bulletin, Weimar, 16 octobre.—«La reine de Prusse a été plusieurs fois en vue de nos postes; elle est dans des transes et dans des alarmes continuelles. La veille, elle avait passé son régiment en revue. Elle excite sans cesse le roi et les généraux. Elle voulait du sang; le sang le plus précieux a coulé.»

9e bulletin, 16 octobre.—«La reine de Prusse était ici pour souffler le feu de la guerre. C'est une femme d'une jolie figure, mais de peu d'esprit.»

17e bulletin, Postdam, 25 octobre.—«C'est de ce moment que la reine a quitté le soin de ses affaires intérieures et les graves occupations de sa toilette, pour se mêler des affaires d'État, influencer le roi et susciter partout ce feu dont elle était possédée ... (Vient ici le passage déjà cité à la note 2 de la page 195, sur la gravure où la reine de Prusse est représentée appuyant la main sur son cœur et ayant l'air de regarder l'empereur de Russie.)

19e bulletin, Charlottembourg, 27 octobre 1806.—«La reine, à son retour de ses ridicules et tristes voyages à Erfurth et à Weimar, a passé la nuit à Berlin sans voir personne ... Tout le monde avoue que la reine est l'auteur des maux que soufre la nation prussienne... On a trouvé dans l'appartement que la reine occupait à Postdam le portrait de l'empereur de Russie, dont ce prince lui avait fait présent ... On a trouvé à Charlottembourg sa correspondance avec le roi pendant trois ans ... Ces pièces démontreraient, si cela avait besoin d'une démonstration, combien sont malheureux les princes qui laissent prendre aux femmes l'influence sur les affaires politiques. Les notes, les rapports, les papiers d'État étaient musqués et se trouvaient mêlés avec les chiffres et d'autres objets de toilette de la reine. Cette princesse avait exalté les têtes de toutes les femmes de Berlin, mais aujourd'hui elles ont bien changé...»

23e bulletin, 30 octobre.—«Jusqu'à cette heure, nous avons 150 drapeaux, parmi lesquels sont ceux brodés des mains de la belle reine, beauté aussi funeste aux peuples de Prusse que le fut Hélène aux Troyens

[259]: Napoléon lui-même a raconté avec des insinuations peu délicates les inutiles efforts que la reine fit pour le fléchir. Pour toute concession il lui offrit une rose: «—Au moins avec Magdebourg? lui dit la reine suppliante.—Je ferai observer à Votre Majesté, lui répondit-il durement, que c'est moi qui l'offre, et vous qui la recevez.»—Louise-Auguste-Wilhelmine-Amélie, fille du duc de Mecklembourg-Strélitz, et de Caroline de Hesse-Darmstadt, née en 1776, avait épousé en 1793 le prince héréditaire de Prusse, devenu en 1797 Frédéric-Guillaume III. Elle mourut en 1810. Elle laissait deux fils, dont l'un sera le roi Frédéric-Guillaume IV, dont l'autre sera l'empereur Guillaume Ier, qui recevra, le 2 septembre 1870, à Sedan, l'épée du neveu de Napoléon.—La reine Louise fut enterrée dans le parc de Charlottembourg. Ambassadeur à Berlin, en 1821, Chateaubriand composa sur son tombeau une pièce de vers, dont voici la fin: