[325]: Joseph, prince Poniatowski (1762-1813). Après avoir, dans la campagne de Russie, commandé le cinquième corps de la grande armée, composé des divisions polonaises Dombrowski, Zayouschek et Ficher, il commanda, pendant la campagne de Saxe, le 8e corps (Polonais).

[326]: Dominique-Georges-Frédéric Dufour de Pradt (1759-1837). Député du clergé du bailliage de Caux à l'Assemblée constituante, il siégea au côté droit, émigra dès la fin de la session et s'établit à Hambourg, où il publia, en 1798, sous le voile de l'anonyme, un premier ouvrage, l'Antidote au Congrès de Rastadt, qui a été longtemps attribué à Joseph de Maistre. Après le 18 brumaire, son parent, le général Duroc, le présenta au premier Consul, dont il fit si bien la conquête qu'il devint bientôt évêque de Poitiers, archevêque de Malines, premier aumônier de l'Empereur, «l'aumônier du dieu Mars», comme il s'appelait lui-même. En 1812, quand la guerre de Russie fut décidée, Napoléon l'envoya comme ambassadeur dans le grand-duché de Varsovie. En 1814, il prit une part très active au rétablissement du gouvernement royal et fut un moment chancelier de la Légion d'honneur. Sous la seconde Restauration, il se jeta dans l'opposition et composa force brochures, dont l'une même lui valut d'être traduit en cour d'assises. Après la révolution de juillet, l'abbé de Pradt revint à ses premières opinions royalistes, et il s'occupait à réunir les matériaux d'une histoire de la Restauration, lorsqu'il succomba à une attaque d'apoplexie. Sainte-Beuve, qui pourtant ne l'aime guère, a dit de lui: «L'abbé de Pradt était actif, délié, infiniment spirituel en conversation; et, la plume à la main, un écrivain plein de verve et pittoresque». Son Histoire de l'ambassade dans le grand duché de Varsovie en 1812 est un pamphlet, mais qui renferme des parties dont l'histoire devra faire son profit.

[327]: Louis-Pierre-Édouard, baron Bignon (1771-1841). Il remplaça l'abbé de Pradt à Varsovie. Sous la Restauration, il fut, à la Chambre des députés, de 1817 à 1830, un des chefs de l'opposition libérale. Après 1830, il fut un instant ministre des Affaires étrangères, puis ministre de l'Instruction publique. Une Ordonnance royale du 3 octobre 1837 l'appela à la Chambre des pairs. Il a publié une Histoire de France depuis le dix-huit brumaire jusqu'à la paix de Tilsitt (1829-1880, 6 vol. in-8o) et une Histoire de France sous Napoléon, depuis la paix de Tilsitt jusqu'en 1812 (1838, 4 vol. in-8o). Ces deux ouvrages furent composés en exécution du testament de Napoléon, qui portait: «Je lègue au baron Bignon 100,000 francs; je l'engage à écrire l'histoire de la diplomatie française de 1792 à 1815.»

[328]: Napoléon n'a jamais sérieusement songé, quelque favorables que fussent les circonstances et quelque avantage qu'il y dût trouver lui-même, à relever la nation polonaise, qui versait son sang pour lui sur tous les champs de bataille de l'Europe. Sur les vrais sentiments de Napoléon à l'égard de la Pologne et des Polonais, voir les lettres publiées par la Correspondance générale, et en particulier ces deux notes: Au citoyen Talleyrand, Paris, 17 octobre 1801: «J'ai oublié, citoyen ministre, dans la lettre que j'ai eu l'honneur de vous écrire au sujet de l'Almanach national, de vous parler de la Pologne dont le Premier Consul désire qu'il ne soit pas question dans l'état des puissances. Cela est d'une inutilité absolue».—Notes sur un projet d'exposé de la situation de l'Europe (Finkenstein, 18 mai 1807): «Ne pas parler de l'indépendance de la Pologne et supprimer tout ce qui tend à montrer l'Empereur comme le libérateur, attendu qu'il ne s'est pas expliqué à ce sujet. Napoléon».—Enfin, dans des instructions au général Bertrand (Eylau, 13 février 1807) on lit: «Il (le général Bertrand) laissera entrevoir (à M. de Zartrow) que quant à la Pologne, depuis que l'Empereur la connaît, il n'y attache plus aucune importance».—Napoléon Ier peint par lui-même, par Raudot, p. 192-201.

[329]: Le 28 juin 1812, la Diète de Varsovie s'était constituée en confédération générale; elle avait déclaré le royaume de Pologne rétabli; convoqué les diétines, invité toute la Pologne à se confédérer, sommé tous les Polonais de l'armée russe d'abandonner la Russie. Elle avait décidé en même temps qu'une députation se rendrait auprès de l'Empereur des Français, pour l'engager à couvrir de sa puissante protection le berceau de la Pologne renaissante. Napoléon était alors à Wilna, et c'est dans cette ville que, le 11 juillet, il donna audience à la députation polonaise.

[330]: Il y arriva le 16 mai.

[331]: Les princes de Weimar, de Cobourg, de Mecklembourg; le grand-duc de Wurtzbourg, primat de la Confédération du Rhin; la reine Catherine de Westphalie, le roi de Prusse et son fils le prince royal.

[332]: Ségur, livre IV, ch. II.

[333]: Ségur, livre IV, ch. II.

[334]: Ibid.