[375]: Ségur, livre XI, chap. VIII et IX.

[376]: Mémoires pour servir à l'histoire de la guerre entre la France et la Russie en 1812, par le général de Vaudoncourt, 1816.

[377]: Louis, comte Partouneaux (1770-1835). Général de division depuis le 27 août 1803, il avait les plus brillants états de services. Pendant la campagne de 1812, il commanda la 1re division du 9e corps, placé sous les ordres du duc de Bellune. Lors de la retraite, il fut posté à Borizow pour tromper l'ennemi et permettre à l'armée de franchir la Bérésina. Dans la nuit du 27 au 28 novembre, il fut attaqué, à l'est, par les cosaques de Platof, au nord, par Wittgenstein, à l'ouest, par Tabetchakof; acculé contre la Bérésina par des forces supérieures, n'ayant lui-même que 2,000 hommes, il dut mettre bas les armes. Dans le 29e bulletin. Napoléon, cherchant à rejeter sur d'autres des responsabilités qui devaient tout entières peser sur lui seul, essaya de flétrir un de ses plus glorieux soldats. Le général a victorieusement répondu dans deux brochures: Adresse et rapports sur l'affaire du 27 au 28 novembre 1812, qu'a eue la 1re division du 9e corps de la Grande-Armée au passage de la Bérésina (1815).—Lettre sur le compte rendu par plusieurs historiens de la campagne de Russie et par le 29e bulletin, de l'affaire du 27 au 28 novembre 1812 (1817). La Restauration lui donna le commandement de la 8e division militaire (Marseille), puis de la 10e (Toulouse), le fit comte en 1817 et, en 1820, commandant de la 1re division d'infanterie de la garde royale.

[378]: Dans ses Mémoires, toujours si dramatiques et si intéressants, mais souvent si étrangement inexacts, le général Marbot (tome III, p. 233) n'a pas craint d'avancer que «la perte totale des Français régnicoles fut, pendant la campagne de Russie, de soixante-cinq mille hommes seulement». Il traite de libellistes et de romanciers les historiens qui donnent un chiffre plus élevé. Or, M. Thiers, qui n'était pourtant pas un détracteur de Napoléon, après avoir étudié avec le plus grand soin tous les états de troupes, est arrivé à cette conclusion (tome XIV, p. 671): «Il n'y a aucune exagération à dire que trois cent mille hommes (de la Grande-Armée) moururent par le feu, par la misère ou par le froid. La part des Français dans cette horrible hécatombe fut de plus des deux tiers.» Le chiffre donné par Chateaubriand concorde, on le voit, avec celui que devait trouver plus tard M. Thiers.

[379]: Le général York commandait le corps prussien qui faisait partie du 10e corps de la Grande-Armée, placé sous les ordres du maréchal duc de Tarente. Il avait conclu, le 30 décembre 1812, avec les généraux russes Clausewitz et Diebitsch, une convention, par laquelle il s'engageait à observer la neutralité jusqu'au moment où le roi de Prusse lui aurait transmis ses instructions.

[380]: Napoléon arriva à Paris le 20 décembre, deux jours, en effet, après la publication du 29e bulletin. «On était, dit Mme de Chastenay (Mémoires, II, 221), dans toute la stupeur causée par le bulletin de consternation, quand on apprit avec un redoublement de surprise que l'empereur était aux Tuileries. Il avait, en effet, parcouru toute l'Allemagne aussi rapidement qu'un courrier; sa voiture s'étant brisée à Meaux, il s'était jeté, avec le duc de Vicence, dans le cabriolet de la poste et avait paru, vers dix heures du soir, à la grille des Tuileries, où, dans ce honteux équipage, la garde avait eu quelque peine à reconnaître son empereur ... Un bain, un bon souper, quelques heures de repos avaient réparé ses forces; les tailleurs avaient travaillé à lui préparer des vêtements,—il n'avait sauvé que ceux dont il était couvert,—et, le lendemain avant midi, tous les corps constitués, en députation au palais, le félicitaient sur son retour, sans lui demander, comme Auguste, ce qu'il avait fait de ses légions.»

[381]: Duroc, grand maréchal du palais.

[382]: Caulaincourt.

[383]: Bernard-Germain-Étienne de Laville-sur-Illon, comte de Lacépède (1756-1825), député à l'Assemblée législative en 1791, membre du Sénat conservateur, pair en 1814, pair des Cent-Jours, de nouveau pair de France en 1819. Continuateur de Buffon, il a publié l'Histoire naturelle des Poissons, l'Histoire naturelle des Cétacés, et aussi celle des Serpents: Chateaubriand s'en souviendra tout à l'heure.

[384]: Louis XVIII était alors établi, dans le comté de Buckingham, au château de Hartwell, domaine agreste et modeste d'un particulier anglais, M. Sée.