«M. de Chateaubriand, bien que malade, s'occupe en ce moment d'une réponse générale relative au don de Madame la duchesse de Berry; cette réponse paraîtra incessamment. En attendant, je dois à la vérité de dire que M. le Maire du 2e arrondissement ne m'a point présenté la veuve d'un combattant de Juillet et ne m'a point proposé de lui donner les 1000 francs; il les a seulement refusés, voilà tout. M. de Chateaubriand me charge d'ajouter que si la veuve du Constitutionnel veut bien se donner la peine de passer chez lui, il est prêt à lui faire part de la bienfaisance de la mère du duc de Bordeaux. Vous voyez, monsieur, que je n'ai pas l'honneur d'avoir été l'aide de camp de M. le duc de Berry, que je ne suis que le pauvre et fidèle secrétaire d'un homme aussi pauvre et aussi fidèle que moi.
«Recevez, je vous prie, monsieur, l'assurance de ma considération très distinguée.
«Hyacinthe Pilorge.»[Retour au Texte Principal]
Note 364: Chateaubriand a commis ici une confusion entre les deux Cadet de Gassicourt, le père et le fils. C'est Cadet le père, né en 1769, mort en 1831, qui a fait des petits vers, composé des vaudevilles et écrit contre Chateaubriand et Mme de Staël deux petits pamphlets: Saint-Géran, ou la Nouvelle langue française (1807) et la Suite de Saint-Géran, ou Itinéraire de Lutèce au Mont-Valérien (1811).—Le Cadet de Gassicourt de 1832, la maire du 4e arrondissement, était le fils du précédent. Il était né en 1789 et mourut en 1861.[Retour au Texte Principal]
Note 365: La proclamation de M. Cadet de Gassicourt fut affichée sur les murs de Paris le 4 avril 1832. Voici quelques extraits de cette pièce, où l'odieux le dispute au ridicule et qui était une véritable excitation à l'égorgement des Carlistes:—«Les agents de ceux que vous avez chassés se glissent au milieu du peuple et le poussent à la révolte, pour venger la défaite de Charles X et le ramener de son exil, avec son petit-fils, sous la protection des baïonnettes étrangères et à la faveur de la guerre civile. S'il est des empoisonneurs, ce ne peuvent être que les incendiaires de la Restauration; s'il est des misérables qui, soit par des crimes, soit par des calomnies atroces, cherchent à organiser le désordre et à exploiter un déplorable fléau, ce sont les alliés des chouans, des assassins de l'Ouest et du Midi. Quelle joie, quel triomphe pour eux, s'ils parvenaient à déchirer le sein de la France par la main des Français! Vous les verriez bientôt rentrer sur vos cadavres, à la tête des Verdets et à la suite des hordes barbares, arracher le drapeau tricolore, le remplacer par le drapeau blanc et par la croix des missionnaires! C'est ainsi qu'ils ont nourri de tout temps leurs trames....»—Puis, après avoir évoqué ces deux autres spectres, le «milliard de l'indemnité» et le «fer des Suisses», le maire du 4e arrondissement terminait en disant: «Citoyens, défiez-vous de vos anciens tyrans, qui sont habiles à prendre tous les moyens et ne rougissent pas d'avoir pour auxiliaire un horrible fléau!»[Retour au Texte Principal]
Note 366: M. Cadet de Gassicourt était devenu, on le pense bien, la bête noire des feuilles royalistes, et en particulier de la Mode. La très spirituelle Revue lui consacra un jour ce bout d'article, que Chateaubriand avait peut-être sur sa table au moment où il écrivait cette page des Mémoires:—«Un jour, disait la Mode,—M. Cadet, le père, eut un fils, celui-là même qui nous occupe. Ce fils avait peine à pousser; plante étiolée, bonne, au plus, à mettre dans un bocal. Le fils de M. Cadet faisait le désespoir de ses grands parents: «Cadet, lui disaient-ils, tu ne seras jamais un homme!...» Cela faisait pleurer le petit Cadet. Mais en vain s'étirait-il les membres pour s'allonger, court il resta, le pauvre gas!... On eut beau faire, on eut beau dire, petit Cadet ne devint pas grand; tant qu'à la fin, le père Cadet, emporté par la douleur, s'écria: «Grand Dieu! pourquoi m'avez-vous donné un gas si court?»—Ainsi se lamentait le père, lorsqu'une pratique entra. On sait quelles étaient, à cette époque, les fonctions d'un apothicaire.... La pratique s'inclina ... le jeune Cadet se mit en besogne. «Loué soit Dieu, qui m'a donné un gas si court, dit alors le père, le voilà juste à la hauteur du visage....» La pratique se retira satisfaite, et le gas si court garda son surnom.—Depuis, M. Cadet-Gassicourt n'a pas grandi d'un demi-pied, et il est toujours à hauteur de visage.»[Retour au Texte Principal]
Note 367: Mgr de Quélen.[Retour au Texte Principal]
Note 368: Les funérailles du général Lamarque eurent lieu le 5 juin 1832. Les membres des sociétés secrètes, les écoles, les condamnés politiques, l'artillerie de la garde nationale, les réfugiés étrangers s'y étaient donné rendez-vous. Au signal donné par un drapeau rouge, les républicains désarmèrent des postes, élevèrent des barricades, pillèrent l'Arsenal et les boutiques, mais ils ne purent entraîner ni les ouvriers ni la garde nationale. Le général Lobeau, à la tête de forces sérieuses, balaya les grandes avenues et cerna l'insurrection entre le marché des Innocents et le faubourg Saint-Antoine. Le 6 au matin, elle était réduite à l'impuissance et abandonnée par ses propres chefs; la journée n'en fut pas moins meurtrière, surtout au cloître Saint-Merry et dans la rue des Arcis.[Retour au Texte Principal]
Note 369: Une ordonnance royale en date du 6 juin 1832 avait déclaré la mise en état de siège de la ville de Paris.[Retour au Texte Principal]
Note 370: La duchesse de Berry, le 24 avril 1832, partit de Massa sur un bateau à vapeur sarde qu'elle avait frêté, le Carlo-Alberto; elle relâcha à Nice, se remit en mer et arriva le 28 dans les eaux de Marseille. Elle était accompagnée du maréchal de Bourmont, du comte de Kergorlay, du vicomte de Saint-Priest, de MM. Emmanuel de Brissac, de Mesnard, Adolphe Sala, Édouard Led'huy, du vicomte de Kergorlay, de Charles et d'Adolphe de Bourmont, d'Alexis Sabbatier, du subrécargue Ferrari, et de mademoiselle Mathilde Le Beschu. Elle débarqua la nuit, par une mer houleuse, sur un des points les plus dangereux de la côte. Cachée dans la maison d'un garde-chasse, M. Maurel, elle attendit le résultat du mouvement projeté à Marseille. À quatre heures de l'après-midi, le 30, MM. de Bonrecueil, de Bermond, de Lachaud et de Candoles, qui s'étaient échappés de la ville, arrivèrent porteurs de ce billet: «Le mouvement a manqué, il faut sortir de France.»[Retour au Texte Principal]