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«Rome, ce 12 janvier 1829.

«Monsieur le comte,

«J'ai vu le pape le 2 de ce mois; il a bien voulu me retenir tête à tête pendant une heure et demie. Je dois vous rendre compte de la conversation que j'ai eue avec sa Sainteté.

«Il a d'abord été question de la France. Le pape a commencé par l'éloge le plus sincère du roi. «Dans aucun temps, m'a-t-il, la famille royale de France n'a offert un ensemble aussi complet de qualités et de vertus. Voilà le calme rétabli parmi le clergé: les évêques ont fait leur soumission.»

«—Cette soumission, ai-je répondu, est due en partie aux lumières et à la modération de Votre Sainteté.»

«—J'ai conseillé, a répliqué le pape, de faire ce qui me semblait raisonnable. Le spirituel n'était point compromis par les ordonnances[99]; les évêques auraient peut-être mieux fait de ne pas écrire leur première lettre; mais après avoir dit non possumus, il leur était difficile de reculer. Ils ont tâché de montrer le moins de contradiction possible entre leurs actions et leur langage au moment de leur adhésion: il faut le leur pardonner. Ce sont des hommes pieux, très attachés au roi et à la monarchie; ils ont leur faiblesse comme tous les hommes.»

«Tout cela, monsieur le comte, était dit en français très clairement et très bien.

«Après avoir remercié le saint-père de la confiance qu'il me témoignait, je lui ai parlé avec considération du cardinal secrétaire d'État:

«Je l'ai choisi, m'a-t-il dit, parce qu'il a voyagé, qu'il connaît les affaires générales de l'Europe et qu'il m'a semblé avoir la sorte de capacité que demande sa place. Il n'a écrit, relativement à vos deux ordonnances, que ce que je pensais et que ce que je lui avais recommandé d'écrire.