«Mon accouchement m'a empêchée de témoigner plus tôt à Votre Majesté la part que j'ai prise au déplaisir qu'elle a reçu de la perte du prince son beau-fils, et voici la première lettre que j'ai été en état d'écrire depuis ce temps, qui me servira aussi, Madame, à faire une très humble supplication à Votre Majesté, qui est de vouloir écrire au Pape et à l'ambassadeur de V. M. en faveur de la béatification de la bienheureuse mère Madeleine, que V. M. a connue au grand couvent des Carmélites de Paris. Je lui envoie la teneur des lettres qu'elles lui demandent, et la supplie très humblement, si elle leur accorde cette grâce, de me les envoyer quand V. M. les aura écrites, afin que je les envoie à celui qui est chargé de cette affaire, qui les rendra à l'ambassadeur de V. M. quand il sera temps d'agir pour la faire réussir. Et comme il y a dans la lettre que V. M. doit écrire à son ambassadeur de faire constituer des procureurs, ce n'est que pour fortifier la chose; car on ne prétend point obliger V. M. à aucun soin ni à aucune dépense, les Carmélites du grand couvent se chargeant de l'un et de l'autre. Le Roy, la Reine et la Reine d'Angleterre leur ont fait le même honneur que je vous demande pour elles, et duquel j'aurai une obligation très sensible à V. M., que je supplie, avec tous les respects que je lui dois, de me conserver quelque petite place dans son cœur, et de me croire sa très obéissante et très passionnée servante,
Anne de Bourbon.»
«Le pauvre La Feuillade a été tué. Je crois que V. M. en sera fâchée.»
FIN DE L'APPENDICE.
NOTES:
[1] Jacqueline Pascal, 3e édit., l'Avant-propos et l'Introduction.
[2] Il nous reste à recueillir de tous nos écrits les éléments épars d'une Théodicée nouvelle, particulièrement fondée sur une psychologie exacte fécondée par une induction légitime, avec le double dessein de défendre la grande foi du genre humain contre la détestable philosophie que l'Allemagne, en ces derniers temps, a renvoyée à la France après la lui avoir empruntée, et de défendre aussi la vraie et bonne philosophie contre une dévotion pusillanime, indigne du christianisme et condamnée par l'Église, qui refuse à la raison humaine le droit et la force de s'élever jusqu'à Dieu. Il nous reste surtout à mettre la dernière main à cette traduction de Platon, dont nous voudrions faire le monument le moins fragile de notre entreprise philosophique.
[3] Nous nous bornerons à citer et à remercier ici M. Planche et M. Nettement, M. Cuvilier-Fleury et M. de Pontmartin.