[182] Sur Corneille, voyez plus bas, p. [135] et p. [155]; voyez aussi notre ouvrage du Vrai, du Beau et du Bien, leçon Xe, de l'Art français, p. 210, et l'Appendice, passim.
[183] Ce succès a fait proverbe: beau comme le Cid.
[184] Il est bien certain que l'auteur de Mirame mit une petitesse d'homme de lettres dans la querelle soulevée contre le Cid; mais il faut avouer qu'il avait pour lui quelques raisons d'État qui n'étaient pas à mépriser. Celui qui avait fait rendre l'édit royal contre les duels ne pouvait supporter les vers en leur honneur; le Cid contenait aussi une tirade peu favorable aux premiers ministres. D'ailleurs le Cardinal aimait Corneille, il le prit parmi ses poëtes favoris, il lui donna une bonne pension, et même il le maria. Un jour, Corneille s'étant présenté plus triste et plus rêveur qu'à l'ordinaire devant le cardinal de Richelieu, celui-ci lui demanda s'il travaillait. Corneille répondit qu'il était bien éloigné de la tranquillité nécessaire pour la composition, qu'il avait la tête renversée par l'amour. Il en fallut venir à un plus grand éclaircissement, et il dit au cardinal qu'il aimait passionnément une fille du lieutenant général des Andelys, et qu'il ne pouvait l'obtenir de son père. Le cardinal voulut que ce père si difficile vînt lui parler à Paris. Il y arriva tout tremblant d'un ordre si imprévu, et s'en retourna bien content d'en être quitte pour donner sa fille à un homme qui avait tant de crédit. Voyez les frères Parfait, Histoire du Théâtre-Français, t. V, p. 304.
[185] Œuvres de Balzac, in-fol., t. II, p. 419.
[186] Bien entendu on parle ici, non de la représentation, mais de l'impression de Polyeucte, dédié à la Reine régente et achevé d'imprimer pour la première fois le 20 octobre 1643, au milieu de l'allégresse qu'excitaient partout la victoire de Rocroy, la prise de Thionville et le passage du Rhin. Corneille avait alors trente-sept ans. C'est en cette même année 1643 que son digne compatriote Michel Lasne grava le seul portrait de Corneille qui nous le montre dans sa jeunesse et dans toute sa gloire. Ces traits mâles, cette tête vigoureuse mettent bien sous nos yeux le grand tragique. On y reconnaît d'abord un homme de la forte génération de Descartes, de Pascal et de Poussin.
[187] Maître Vincent, etc.
[188] Lettre du 24 novembre 1679.
[189] Satire troisième.
[190] Tallemant, t. II, p. 295.
[191] Édit. de Saint-Surin, t. IV, p. 375.