M. DE FONTAINE ET PLUSIEURS AUTRES.—C'est un blaspheme!
M. DE HEECKEREN [Note: Plus tard senateur de l'empire, a 30,000 francs par an.].—On devrait avoir le droit de siffler, si on applaudit des choses comme celles-la!
M. VICTOR HUGO.—Messieurs, qu'on dise ce que je viens de dire ou du moins qu'on le voie,—car il est impossible de ne pas le voir, la revolution francaise, la republique francaise, Bonaparte l'a dit, c'est le soleil!—qu'on le voie donc et qu'on ajoute: Eh bien! nous allons detruire tout cela, nous allons supprimer cette revolution, nous allons jeter bas cette republique, nous allons arracher des mains de ce peuple le livre du progres et y raturer ces trois dates: 1792, 1830, 1848; nous allons barrer le passage a cette grande insensee, qui fait toutes ces choses sans nous demander conseil, et qui s'appelle la providence. Nous allons faire reculer la liberte, la philosophie, l'intelligence, les generations; nous allons faire reculer la France, le siecle, l'humanite en marche; nous allons faire reculer Dieu! (Profonde sensation.) Messieurs, qu'on dise cela, qu'on reve cela, qu'on s'imagine cela, voila ce que j'admire jusqu'a la stupeur, voila ce que je ne comprends pas. (A gauche: Tres bien! tres bien!—Rires a droite.)
Et qui etes-vous pour faire de tels reves? Qui etes-vous pour tenter de telles entreprises? Qui etes-vous pour livrer de telles batailles? Comment vous nommez-vous? Qui etes-vous?
Je vais vous le dire.
Vous vous appelez la monarchie, et vous etes le passe.
La monarchie!
Quelle monarchie? (Rires et bruit a droite.)
M. EMILE DE GIRARDIN, au pied de la tribune.—Ecoutez donc, messieurs! nous vous avons ecoutes hier.
M. VICTOR HUGO.—Messieurs, me voici dans la realite ardente du debat.