VOIX NOMBREUSES A DROITE.—Lisez tout! tout! Lisez-la tout entiere!
UN MEMBRE A DROITE, avec insistance.—Tout ou rien! tout ou rien.
M. VICTOR HUGO.—Vous avez deja entendu la premiere partie, elle est presente a tous vos esprits. Du reste rien n'est plus simple; je veux bien relire ce qui a ete lu. Ce n'est que du temps perdu.
M. LEBOEUF.—Nous exigeons tout! tout ou rien!
M. VICTOR HUGO, a M. Leboeuf.—Ah! vous pretendez me dicter ce que je dois etre et ce que je dois faire a cette tribune! En ce cas c'est different. Puisque vous exigez, je refuse. (A gauche: Tres bien! vous avez raison.) Je lirai seulement ce que M. Baroche a eu l'indignite de ne pas lire. (Tres bien! Tres bien!)
(Un long desordre regne dans l'assemblee; la seance reste interrompue pendant quelques instants.)
M. VICTOR HUGO.—Je lis donc: "Deux republiques sont possibles…."—M. Baroche a lu ce qui etait relatif a la premiere de ces republiques; dans ma pensee, c'est la republique qu'on pouvait redouter a cette epoque du 15 mai et du 23 juin … (Interruption.) Je reprends la lecture ou M. Baroche l'a laissee…. (Interruption.)
A DROITE.—Non! non! tout!
M. LE. PRESIDENT.—La gauche est silencieuse; faites comme elle, ecoutez!
M. VICTOR HUGO.—Ecoutez donc, messieurs, un homme qui, visiblement, et grace a vos violences d'hier (A gauche: Tres bien! Tres bien!), peut a peine parler. (La voix de l'orateur est, en effet, profondement alteree par la fatigue.—Rires a droite.—L'orateur reprend.)