Les devoirs de l'ecrivain n'ont jamais ete plus grands qu'a cette heure.

Au moment ou nous sommes, il y a une chose a faire; une seule.
Laquelle?

Relever la France.

Relever la France. Pour qui? Pour la France? Non. Pour le monde. On ne rallume pas le flambeau pour le flambeau.

On le rallume pour ceux qui sont dans la nuit; pour ceux qui etendent les mains dans la cave et tatent le mur funeste de l'obstacle; pour ceux a qui manquent le guide, le rayon, la chaleur, le courage, la certitude du chemin, la vision du but; pour ceux qui ont de l'ombre dans leur horizon, dans leur travail, dans leur itineraire, dans leur conscience; pour ceux qui ont besoin de voir clair dans leur chute ou dans leur victoire. On rallume le flambeau pour celui meme qui l'a eteint, et qui, en l'eteignant, s'est aveugle; et c'est pour l'Allemagne qu'il faut relever la France.

Oui, pour l'Allemagne. Car l'Allemagne est esclave, et c'est de la
France que lui reviendra la liberte.

La lumiere delivre.

Mais pour rallumer le flambeau, pour relever la France, comment s'y prendre? Qu'y a-t-il a faire?

Cela est difficile, mais simple.

Il faut faire jaillir l'etincelle.