Les lois sont imprudentes de la faire si faible quand elle est si puissante. Reconnaissons cette faiblesse et protegeons-la; reconnaissons cette puissance et conseillons-la. La est le devoir de l'homme; la aussi est son interet.

Je ne me lasserai pas de le redire, le probleme est pose, il faut le resoudre; qui porte sa part du fardeau doit avoir sa part du droit; une moitie de l'espece humaine est hors de l'egalite, il faut l'y faire rentrer. Ce sera la une des grandes gloires de notre grand siecle: donner pour contre-poids au droit de l'homme le droit de la femme; c'est-a-dire mettre les lois en equilibre avec les moeurs.

Agreez, mesdames, tous mes respects.

VICTOR HUGO.

XI

ANNIVERSAIRE DE LA REPUBLIQUE

On lit dans le Rappel du 24 septembre 1872:

"Un banquet prive, mais solennel, devait reunir de nombreux republicains de Paris, desireux de celebrer la date du 21 septembre 1792, c'est-a-dire l'anniversaire de la premiere republique francaise, de la republique victorieuse des rois. Cela a deplu a l'autorite militaire qui est notre maitresse souveraine de par l'etat de siege, et l'autorite civile a cru devoir consacrer les ordres de l'autorite militaire.

Elle a commis une faute sur laquelle nous aurons a revenir, une de ces fautes difficiles a justifier, parce qu'elles n'offensent pas seulement le droit des citoyens, mais le bon sens public. Dans tous les cas, les organisateurs du banquet ont tenu a donner une lecon de sagesse a leurs adversaires, et le banquet a ete decommande.

Mais quelques republicains ont voulu neanmoins echanger les idees et les sentiments qu'une si grande date leur inspirait. Ils le voulaient d'autant plus qu'un groupe de republicains anglais leur avait delegue un de ses membres les plus connus et les plus sympathiques, M. le professeur Beesly.