Victor Hugo vient de donner sa demission.
Voici comment et pourquoi.
La verification des pouvoirs en etait arrivee aux elections de l'Algerie. La nomination de Gambetta a Oran et celle de M. Mocquard a Constantine venaient d'etre validees.
Pour l'election de Garibaldi a Oran, le rapporteur proposait l'annulation, attendu que "Garibaldi n'est pas francais".
Applaudissements violents a droite.
Le president dit:—Je mets l'annulation aux voix. Personne ne demande la parole?
—Si fait, moi! dit Victor Hugo.
Profond silence.—Victor Hugo a parle admirablement, avec une indignation calme, si ces deux mots peuvent s'allier. Le Moniteur vous portera ses paroles exactes; je les resume tant bien que mal:
—La France, a-t-il dit, vient de passer par des phases terribles, dont elle est sortie sanglante et vaincue; elle n'a rencontre que la lachete de l'Europe. La France a toujours pris en main la cause de l'Europe, et pas un roi ne s'est leve pour elle, pas une puissance. Un homme seul est intervenu, qui est une puissance aussi. Son epee, qui avait deja delivre un peuple, voulait en sauver un autre. Il est venu, il a combattu….
—Non! non! crie la droite furieuse. Non! il n'a pas combattu!