Les verites dont la formule a ete si fermement etablie par notre eloquent president sont les verites memes pour lesquelles je combats depuis trente-six ans. Je les veux, ces verites absolues, et j'en veux d'autres encore. (Oui! oui!) Vous le savez, lutter pour la liberte est quelquefois rude, mais toujours doux, et cette lutte pour les choses vraies est un bonheur pour l'homme juste. Je lutterai.
A mon age, on a beaucoup de passe et peu d'avenir, et il n'est pas difficile a mon passe de repondre de mon avenir.
Je ne doute pas de l'avenir. J'ai foi dans le calme et prospere developpement de la republique; je crois profondement au bonheur de ma patrie; le temps des grandes epreuves est fini, je l'espere. Si pourtant il en etait autrement, si de nouvelles commotions nous etaient reservees, si le vent de tempete devait souffler encore, eh bien! quant a moi, je suis pret, (Bravos.) Le mandat que je me donne a moi-meme est sans limite. Ces verites supremes qui sont plus que la base de la politique, qui sont la base de la conscience humaine, je les defendrai, je ne m'epargnerai pas, soyez tranquilles! (Applaudissements.)
Je prendrai la parole au senat, aux assemblees, partout; je prendrai la parole la ou je l'aurai, et, la ou je ne l'aurai pas, je la prendrai encore. Je n'ai recule et je ne reculerai devant aucune des extremites du devoir, ni devant les barricades, ni devant le tyran; j'irais … cela va sans dire, et votre emotion me dit que la pensee qui est dans mon coeur est aussi dans le votre, et je lis dans vos yeux les paroles que je vais prononcer …—pour la defense du peuple et du droit, j'irais jusqu'a la mort, si nous etions condamnes a combattre, et jusqu'a l'exil si nous etions condamnes a survivre. (Acclamations.)
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NOTE XI.
APRES LE DISCOURS POUR L'AMNISTIE
Un groupe maconnique de Toulouse a ecrit a Victor Hugo.
Toulouse, 26 mai 1876.
Maitre et citoyen,