Paris, 4 juin 1876.

Mes honorables concitoyens,

Votre patriotique sympathie, si eloquemment exprimee, serait une recompense, si j'en meritais une.

Mais je ne suis rien qu'une voix qui a dit la verite.

Je saisis, en vous remerciant, l'occasion de remercier les innombrables partisans de l'amnistie qui m'ecrivent en ce moment tant de genereuses lettres d'adhesion. En vous repondant, je leur reponds.

Cette unanimite pour l'amnistie est belle; on y sent le voeu, je dirais presque le vote de la France.

En depit des hesitations aveugles, l'amnistie se fera. Elle est dans la force des choses. L'amnistie s'impose a tous les coeurs par la pitie et a tous les esprits par la justice.

Je presse vos mains cordiales.

VICTOR HUGO.

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