Relever la France, avertir l'Europe. Oui, la cause de l'Europe, a l'heure qu'il est, est identique a la cause de la France. Il s'agit pour l'Europe de savoir si elle va redevenir feodale; il s'agit de savoir si nous allons etre rejetes d'un ecueil a l'autre, du regime theocratique au regime militaire.
Car, dans cette fatale annee de concile et de carnage…. (Oh! oh!)
Voix a gauche: Oui! oui! tres bien!
M. VICTOR HUGO.—Je ne croyais pas qu'on put nier l'effort du pontificat pour se declarer infaillible, et je ne crois pas qu'on puisse contester ce fait, qu'a cote du pape gothique, qui essaye de revivre, l'empereur gothique reparait. (Bruit a droite.—Approbation sur bancs de la gauche.)
Un membre a droite.—Ce n'est pas la question!
Un autre membre a droite.—Au nom des douleurs de la patrie, laissons tout cela de cote. (Interruption.)
M. LE PRESIDENT.—Vous n'avez pas la parole. Continuez, monsieur
Victor Hugo.
M. VICTOR HUGO.—Si l'oeuvre violente a laquelle on donne en ce moment le nom de traite s'accomplit, si cette paix inexorable se conclut, c'en est fait du repos de l'Europe; l'immense insomnie du monde va commencer. (Assentiment a gauche.)
Il y aura desormais en Europe deux nations qui seront redoutables; l'une parce qu'elle sera victorieuse, l'autre parce qu'elle sera vaincue. (Sensation.)
M. LE CHEF DU POUVOIR EXECUTIF.—C'est vrai!