M. VICTOR HUGO.—Je vais vous satisfaire, messieurs, et aller plus loin que vous. (Profond silence.)
Il y a trois semaines, vous avez refuse d'entendre Garibaldi….
Un membre.—Il avait donne sa demission!
M. VICTOR HUGO.—Aujourd'hui vous refusez de m'entendre. Cela me suffit. Je donne ma demission. (Longues rumeurs.—Non! non!—Applaudissements a gauche.)
Un membre.—L'Assemblee n'accepte pas votre demission!
M. VICTOR HUGO.—Je l'ai donnee et je la maintiens.
(L'honorable membre qui se trouve, en descendant de la tribune, au pied du bureau stenographique situe a l'entree du couloir de gauche, saisit la plume de l'un des stenographes de l'Assemblee et ecrit, debout, sur le rebord exterieur du bureau, sa lettre de demission au president.)
M. LE GENERAL DUCROT.—Messieurs, avant de juger le general Garibaldi, je demande qu'une enquete serieuse soit faite sur les faits qui ont amene le desastre de l'armee de l'est. (Tres bien! tres bien!)
Quand cette enquete sera faite, nous vous produirons des telegrammes emanant de M. Gambetta, et prouvant qu'il reprochait au general Garibaldi son inaction dans un moment ou cette inaction amenait le desastre que vous connaissez. On pourra examiner alors si le general Garibaldi est venu payer une dette de reconnaissance a la France, ou s'il n'est pas venu, plutot, defendre sa republique universelle. (Applaudissements prolonges sur un grand nombre de bancs.)
M. LOCKROY.—Je demande la parole.