Le soir, sur les boulevards, on s'arrachait les journaux pour y chercher les bulletins et les nouvelles. A chaque instant, des voitures s'arrêtaient devant le petit hôtel de l'avenue Victor Hugo; des personnalités parisiennes, des étrangers, descendaient, s'informaient avec anxiété, s'inscrivaient ou déposaient leur carte. Sur les trottoirs, autour de la maison, toute une foule attendait.
Le 22 mai, la fatale nouvelle se répand avec une incroyable rapidité et jette la consternation dans Paris. Il n'y a qu'un cri: deuil national!
La chambre des députés ne siégeait pas ce jour-là; mais les députés y étaient venus en foule pour attendre les nouvelles. A une heure cinquante minutes, on affichait à la salle des Pas-Perdus, cette laconique dépêche: «Victor Hugo est mort à une heure et demie.» L'émotion est profonde. Toutes les commissions convoquées se retirent sur-le-champ.
Au sénat, à l'ouverture de la séance, M. Le Royer, président, se lève, et dit, au milieu de l'émotion de tous:
«Messieurs les sénateurs,
«Victor Hugo n'est plus.
«Celui qui, depuis soixante années, provoquait l'admiration du monde et le légitime orgueil de la France, est entré dans l'immortalité….»
Le président termine en proposant au sénat de lever la séance en signe de deuil.
La séance est immédiatement levée.
Au conseil municipal de Paris, la nouvelle de la mort de Victor Hugo est apportée au milieu d'une délibération, qui est aussitôt interrompue. Le président propose de lever la séance.