Dors, Maître, dans la paix de ta gloire! Repose,
Cerveau prodigieux, d'où, pendant soixante ans,
Jaillit l'éruption des concerts éclatants.
Va! la mort vénérable est ton apothéose:
Ton esprit immortel chante à travers les temps!
Pour planer à jamais dans la vie infinie,
Il brise comme un Dieu les tombeaux clos et sourde,
Il emplit l'avenir des voix de ton génie,
Et la terre entendra ce torrent d'harmonie
Rouler de siècle en siècle en grandissant toujours!
Edmond Schérer:
Le monde civilisé tout entier portera le deuil du grand poète; il sentira qu'une grande lumière s'est éteinte, et que le plus glorieux des fils de la France moderne est entré définitivement par la mort dans cette immortalité dont, vivant, il avait déjà connu les prémices.
Victor Hugo a ouvert dans noire histoire littéraire une époque. Il a été à la fois très fort et très nouveau. On n'a longtemps voulu voir en lui qu'un chef d'école; il a été plus et mieux que cela, un créateur, un initiateur. Je ne vois personne à lui comparer en ce genre, ni Ronsard, ni Corneille, ni Voltaire. Ajoutons qu'il a été plus extraordinaire que les plus grands; Victor Hugo n'a pas été seulement un génie, il a été un phénomène.
Arsène Houssaye:
Un siècle après la mort de Voltaire, nous saluons la même apothéose pour Victor Hugo. Ils ne se ressemblent pas par le génie, ce poète et ce philosophe, ces deux conteurs merveilleux; ils se ressemblent par l'amour de l'humanité. Ce sont deux papes de l'esprit humain.
Henri Fouquier:
Victor Hugo a été le poète du siècle.
Pas un homme, dans le monde entier contemporain, ne pourrait songer un instant à opposer son oeuvre à l'oeuvre immense de Victor Hugo.