Messieurs, j'y insiste. Il dépend aujourd'hui du sénat de pacifier la
France ou de troubler le monde.
La France est aujourd'hui désarmée en face de toutes les coalitions du passé. Le sénat est son bouclier. La France, livrée aux aventures, n'a plus qu'un point d'appui, un seul, le sénat. Ce point d'appui lui manquera-t-il?
Le sénat, en votant la dissolution, compromet la tranquillité publique et prouve qu'il est dangereux.
Le sénat, en rejetant la dissolution, rassure la patrie et prouve qu'il est nécessaire.
Sénateurs, prouvez que vous êtes nécessaires. (Adhésion à gauche.)
Je me tourne vers les hommes qui en ce moment gouvernent, et je leur dis:
Si vous obtenez la dissolution, dans trois mois le suffrage universel vous renverra cette chambre.
La même.
Pour vous pire. Pourquoi?
Parce qu'elle sera la même. (Sensation profonde.)