—Soldat! prie ton patron que ces mains-là ne laissent pas un jour leur empreinte sur ton visage.
—Oh! sortons! cria le soldat enflammé de colère. Puis, s’arrêtant tout à coup: Non, dit-il, car il ne faut point parler de duel devant des morts.
Le petit homme grommela quelques mots dans une langue étrangère et disparut.
Une voix s’éleva:—C’est aux grèves d’Urchtal qu’on l’a trouvé.
—Aux grèves d’Urchtal? dit le soldat; le capitaine Dispolsen a dû y débarquer ce matin, venant de Copenhague.
—Le capitaine Dispolsen n’est point encore arrivé à Munckholm, dit une autre voix.
—On dit que Han d’Islande erre actuellement sur ces plages, reprit un quatrième.
—En ce cas, il est possible que cet homme soit le capitaine, dit le soldat, si Han est le meurtrier; car chacun sait que l’islandais assassine d’une manière si diabolique, que ses victimes ont souvent l’apparence de suicidés.
—Quel homme est-ce donc que ce Han? demanda-t-on.
—C’est un géant, dit l’un.