—Oui, reprit Arthur; on a trouvé dans son charnier un cadavre mutilé, en sorte que la justice le fait poursuivre comme sacrilège. Mais un petit lapon, qui le servait et qui est resté seul au Spladgest, pense, avec tout le peuple, que le diable l’a emporté comme sorcier.
—Voilà, dit Wapherney en riant, un personnage qui laisse une bonne réputation!
Il achevait à peine son éclat de rire quand le quatrième secrétaire entra.
—En honneur, Gustave, vous arrivez bien tard ce matin. Vous seriez-vous marié par hasard hier?
—Eh non! reprit Wapherney, c’est qu’il aura pris le chemin le plus long pour passer, avec son manteau neuf, sous les fenêtres de l’aimable Rosily.
—Wapherney, dit le nouveau venu, je voudrais que vous eussiez deviné. Mais la cause de mon retard est certes moins agréable; et je doute que mon manteau neuf ait produit quelque effet sur les personnages que je viens de visiter.
—D’où venez-vous donc? demanda Arthur.
—Du Spladgest.
—Dieu m’est témoin, s’écria Wapherney laissant tomber sa plume, que nous en parlions tout à l’heure! Mais si l’on peut en parler par passe-temps, je ne conçois pas comment on y entre.
—Et bien moins encore, dit Richard, comment on s’y arrête. Mais, mon cher Gustave, qu’y avez-vous donc vu?