En face de lui, de l’autre côté du foyer, un petit homme était debout, les bras croisés. À ses vêtements de peaux ensanglantées, à sa hache de pierre, à sa barbe rousse, et à ce regard dévorant fixé sur lui, le malheureux concierge avait reconnu du premier coup d’œil l’effrayant personnage dont il avait reçu la dernière visite au Spladgest de Drontheim.

—C’est moi! dit le petit homme d’un air terrible.

—Cette cassette t’aura sauvé, ajouta-t-il avec un affreux sourire ironique. Spiagudry! est-ce ici le chemin de Thoctree?

L’infortuné essaya d’articuler quelques paroles.

—Thoctree!... Seigneur... Mon seigneur maître... j’y allais...

—Tu allais à Walderhog, répondit l’autre d’une voix de tonnerre.

Spiagudry terrifié ramassa toutes ses forces pour faire un signe de tête négatif.

—Tu me conduisais un ennemi; merci! ce sera un vivant de moins. Ne crains rien, fidèle guide, il te suivra.

Le malheureux gardien voulut pousser un cri et put à peine faire entendre un murmure vague et confus.

—Pourquoi t’effraies-tu de ma présence? Tu me cherchais.—Écoute, ne crie pas, ou tu es mort.