—Est-ce bien en leur nom que tu me le proposes? dit-il.
Cette question sembla déconcerter le nouveau-venu; mais, sûr d'être inconnu de son redoutable interlocuteur, il se remit aisément.
—Pourquoi les mineurs se révoltent-ils? demanda celui-ci.
—Pour s’affranchir des charges de la tutelle royale.
—N’est-ce que pour cela? repartit l’autre avec le même ton railleur.
—Ils veulent aussi délivrer le prisonnier de Munckholm.
—Est-ce là le seul but de ce mouvement? répéta le petit homme avec cet accent qui déconcertait l’étranger.
—Je n’en connais point d’autre, balbutia ce dernier.
—Ah! tu n’en connais point d’autre! Ces paroles étaient prononcées du même ton ironique. L’étranger, pour dissiper l’embarras qu’elles lui causaient, s’empressa de tirer de dessous son manteau une grosse bourse qu’il jeta aux pieds du monstre.
—Voici les honoraires de votre commandement. Le petit homme repoussa le sac du pied.