—Lesquels?
—Le chef des montagnards, Kennybol, n’est arrivé au rendez-vous qu’à minuit; et nous avons en revanche été troublés par un témoin inattendu.
—Qui donc?
—C’est un homme qui s’est jeté comme un fou dans la mine au milieu de notre sanhédrin. J’ai pensé d’abord que c’était un espion, et j’ai voulu le faire poignarder; mais il s’est trouvé porteur de la sauvegarde de je ne sais quel pendu fort respecté de nos mineurs, et ils l’ont pris sous leur protection. Je pense, en y réfléchissant, que ce n’est sans doute qu’un voyageur curieux ou un savant imbécile. En tout cas, j’ai disposé mes mesures à son égard.
—Tout va-t-il bien du reste?
—Fort bien. Les mineurs de Guldbranshal et de Fa-roër, commandés par le jeune Norbith et le vieux Jonas, les montagnards de Kole, conduits par Kennybol, doivent être en marche en ce moment. À quatre milles de l’Étoile-Bleue, leurs compagnons de Hubfallo et de Sund-Moër les joindront; ceux de Kongsberg et la troupe des forgerons du Smiasen, qui ont déjà forcé la garnison de Walhstrom de se retirer, comme le noble comte le sait, les attendent quelques milles plus loin.—Enfin, mon cher et honoré maître, toutes ces bandes réunies feront halte cette nuit à deux milles de Skongen, dans les gorges du Pilier-Noir.
—Mais votre Han d’Islande, comment l’ont-ils reçu?
—Avec une entière crédulité.
—Que ne puis-je venger la mort de mon fils sur ce monstre! Quel malheur qu’il nous ait échappé!
—Mon noble seigneur, usez d’abord du nom de Han d’Islande pour vous venger de Schumacker; vous aviserez ensuite au moyen de vous venger de Han lui-même. Les révoltés marcheront aujourd’hui tout le jour et feront halte ce soir, pour passer la nuit dans le défilé du Pilier-Noir, à deux milles de Skongen.