—Est-ce que tu es Han d’Islande? dit-il.
Le géant pour réponse leva sa hache de fer. Le petit homme recula, et le tranchant, dans sa chute, s’enfonça dans le crâne même du malheureux qui implorait le secours du géant.
L’inconnu se mit à rire.
—Ho! ho! par Ingolfe! je croyais Han d’Islande plus adroit.
—C’est ainsi que Han d’Islande sauve qui l’implore! dit le géant.
—Tu as raison. Les deux formidables champions s’attaquèrent avec rage. La hache de fer et la hache de pierre se rencontrèrent; elles se heurtèrent si violemment, que les deux tranchants volèrent en éclats avec mille étincelles.
Plus prompt que la pensée, le petit homme désarmé saisit une lourde massue de bois, laissée à terre par un mourant, et, évitant le géant qui se courbait pour le saisir entre ses bras, il asséna, à mains jointes, un coup furieux de massue sur le large front de son colossal adversaire.
Le géant poussa un cri étouffé et tomba. Le petit homme triomphant le foula aux pieds, en écumant de joie.
—Tu portais un nom trop lourd pour toi, dit-il.
Et, agitant sa massue victorieuse, il alla chercher d’autres victimes.