—Oui, dit la comtesse calmée, vous me rassurez. Deux officiers seulement ont été tués, le capitaine Lory et le jeune baron Randmer, qui a fait tant de folies avec mon pauvre Frédéric dans les bals de Copenhague! Oh! j’ai lu et relu la liste, je vous assure. Mais dites-moi, monseigneur, mon fils est donc resté à Walhstrom?
—Il y est resté, répondit le comte.
—Eh bien, cher ami, dit la mère avec un sourire qu’elle s’efforçait de rendre tendre, je ne vous demande qu’une grâce, c’est de faire revenir vite mon Frédéric de cet affreux pays.
Le chancelier se dégagea péniblement de ses bras suppliants.
—Madame, dit-il, le tribunal m’attend. Adieu, ce que vous me demandez ne dépend pas de moi.
Et il sortit brusquement.
La comtesse demeura sombre et pensive.
—Cela ne dépend pas de lui! se dit-elle; et il lui suffirait d’un mot pour me rendre mon fils!—Je l’ai toujours pensé, cet homme-là est vraiment méchant.
XLIII
Est-ce ainsi qu’on traite un homme de ma charge?
est-ce ainsi qu’on perd le respect dû à la
justice?